Un nouveau projet a germé à l’École européenne supérieure d’art de Bretagne (EESAB) et les ramifications autour de l’art graphique s’annoncent prometteuses. Il s’agit de la création d’un jardin. Tout a commencé au premier semestre par l’idée d’un atelier de recherche végétale, émanant de trois enseignantes d’arts graphiques : Marie Bouts, Marine Branland et Marie Belorgey. Quinze étudiants font partie de cet atelier baptisé Les Rudérales, terme qui désigne les plantes poussant dans les ruines.
La première phase a été une recherche plastique sur les formes des végétaux lors d’une promenade botanique. De là est née l’idée de construire un projet sur les plantes tinctoriales, c’est-à-dire utilisées pour leurs pigments. « On s’est aperçues, explique Marine, qu’on prête peu d’attention aux formes végétales et elles évoluent sans cesse. Alors, une partie de notre jardin est consacrée aux plantes sauvages, beaucoup sont tinctoriales et ça répond à un double objectif : produire des formes nouvelles pour nos œuvres et réduire les matériaux polluants qu’on utilise dans notre travail ».
Un espace de réflexion
La deuxième partie du jardin est cultivée, elle reçoit des graines ou des pousses issues de semis de la petite serre que les étudiants ont construite. « On dispose de quatre jours par semestre pour y travailler ensemble, poursuit Marine, mais avec ce jardin on a réussi à créer un espace collectif, on sort de nos travaux individuels, et il est en même temps un espace de réflexion car il faut penser aussi à sa survie et sa croissance ». Pour ce faire, un bac à compost a été créé ainsi qu’une serre pour les semis et des bacs mobiles de jardinage, dont un pensé pour les personnes à mobilité réduite. « Nous avons envie, termine Marie, de recréer du lien entre humains et végétaux ».
L’EESAB lance un appel au don de graines pour un projet de grainerie et à la contribution pour la fabrication d’un compost.
Pratique
EESAB 1 av. de Kergroise. Contact tél. 02 97 35 31 70.