Raphaël Glucksmann était à Strasbourg cette semaine. Rien d’exceptionnel, il est eurodéputé et le Parlement tenait sa session mensuelle dans la capitale alsacienne. Deux jours après son meeting à Aubervilliers, le président de Place publique (PP) et potentiel candidat à la présidentielle en a profité pour aller signer des dédicaces à Mulhouse mercredi soir. Il était la veille au café Broglie à Strasbourg, là aussi pour une séance de dédicaces qui relevait davantage de l’opération de soutien à des militants locaux pour le moins déstabilisés.

« On a un principe dans le parti qui est le girondisme, explique Raphaël Glucksmann. Ce sont les chapitres locaux qui décident de leurs alliances à partir du moment où ça ne viole aucune des règles strictes nationales. Je tiens à le saluer, et c’était difficile à faire, ils ont quitté quand il y a eu l’accord avec LFI et c’est l’engagement qu’on leur avait demandé et qu’ils ont respecté. On a un principe intangible, nous ne partons pas avec La France insoumise ».

Le groupe local tente de se remettre de la défaite. L’ex-adjointe à la maire écologiste strasbourgeoise Marina Lafay a cédé sa place de coprésidente départementale à l’adjointe à la maire socialiste de Schiltigheim Marie-Jeanne Steff. Pour l’instant, il n’y a aucune relation à l’échelle locale entre PP et le PS67. « Le problème avec le PS, c’est qu’ils veulent Raphaël, mais pas Place publique », regrette Philippe Appel, coprésident départemental de Place publique.

En symbiose avec le PS ?

Raphaël Glucksmann, lui, veut le PS à ses côtés : «  Je veux que notre combat soit commun avec le PS , j’ai mené deux campagnes européennes avec le Parti socialiste, j’ai travaillé pendant 7 ans avec eux, on est ensemble à l’Assemblée nationale, au Parlement européen, au Sénat. On partage exactement la même vision, les mêmes orientations, démocratiques, solidaires, européennes, écolos, on est en symbiose. »

L’adjointe socialiste Céline Geissmann figurait sur la liste Glucksmann aux européennes de 2024. « C’est une voix sincère et crédible à gauche, dit-elle aujourd’hui. Il a un discours profondément ancré à gauche, avec une expérience européenne. Cela en fait un candidat très sérieux, c’est la personne à gauche qui me semble la mieux placée pour l’instant ». Et d’ajouter : « On verra ce qui se passera au niveau du parti, mais pour l’instant, je ne vois pas de candidat plus crédible, en attendant d’autres candidats qui pourraient se déclarer. Si par exemple François Hollande devait se déclarer, il serait aussi un candidat crédible. »

Le secrétaire fédéral du PS67, le député Thierry Sother, dit être « plutôt bienveillant et attentif par rapport à sa démarche » mais préfère s’en tenir aux formalités internes du PS. Il évoque notamment le conseil national convoqué le 30 juin pour aborder les modalités de désignation du candidat socialiste.

La maire de Strasbourg Catherine Trautmann se montre plus réservée : « Pour l’instant, il n’y a pas de personnalité qui s’impose d’emblée, dans toutes les familles politiques. Il faut attendre un temps de débat et de décantation dans une procédure de désignation. Je n’ai jamais cru à la primaire parce que je pense que le choix doit s’opérer pour éviter que les candidats qui ont une vision non démocratique du pouvoir puissent être élus. La question est de savoir qui peut rassembler un corps électoral assez large pour ne pas permettre à un candidat d’extrême droite de gagner. Mais je ne crois pas non plus à une candidature qui imposerait une vision d’extrême gauche à l’ensemble du pays, comme celle de Jean-Luc Mélenchon ».

Raphaël Glucksmann s’est donné trois mois pour officialiser ou non sa candidature.