TÉMOIGNAGE – Épuisement extrême, apathie, perte de plaisir pour les activités quotidiennes, anxiété… Père de deux jeunes enfants, Michel a sombré après la naissance de sa cadette. Récit d’un effondrement intérieur, et d’une renaissance.

Michel* est plutôt le genre de père investi. Très investi. Lors de la première grossesse de sa compagne, il lit « des tonnes de bouquins », a pour ambition d’être « le meilleur père du monde ». Lorsqu’il apprend qu’une petite sœur est en route, sa femme Solène* et lui décident de mettre leur vie professionnelle en pause neuf mois pour se consacrer à leur progéniture. Au fur et à mesure que le ventre de Solène s’arrondit pour la deuxième fois, il avale des podcasts sur la parentalité. À la naissance de leur fille, fin 2024, le couple nage en plein bonheur. Mais, peu à peu, le quotidien bascule. « Au bout d’un mois, on a commencé à déchanter. Le grand faisait des otites à répétition , puis des terreurs nocturnes . Les deux se réveillaient quatre à cinq fois la nuit. On était ultra-épuisés. » En février mars 2025, « je ne sais pas ce qui s’est passé dans ma tête, mais j’ai commencé à sombrer totalement, se remémore-t-il. J’étais en pilote automatique pour préparer un biberon, changer les couches. Mais le reste du temps, j’étais allongé. Je n’avais littéralement aucune énergie ».

Aujourd’hui, Michel sait ce qui s’est «passé dans sa tête» : une dépression paternelle postnatale. Encore taboue…

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Le Figaro

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