Par

Léa Mosco

Publié le

21 juin 2026 à 12h06

C’est une reconnaissance d’envergure pour la maternité Jeanne de Flandre. Lors de la préparation du nouveau documentaire Si j’étais sage-femme, qui sera diffusé ce mardi 23 juin sur France 5 à 21h, l’animatrice et journaliste Sidonie Bonnec a choisi de poser ses valises à Lille pour sa première immersion. Le concept consiste à suivre le quotidien de quatre sages-femmes à travers le globe : en France, au Népal, au Sénégal et au Guatemala. Pour représenter l’Hexagone, c’est Jessica, sage-femme lilloise expérimentée, qui a ouvert les portes de son service et de son quotidien.

Un tournage sans filtre, aux antipodes de la télé-réalité

Pendant deux gardes de 12 heures, de jour comme de nuit, les équipes de tournage ont suivi la professionnelle lilloise. Oubliez les caméras fixes et le voyeurisme d’anciennes émissions médicales : Jessica insiste sur la grande pudeur du projet.

Ça n’a vraiment rien à voir avec « Baby Boom ». Il y a un côté beaucoup plus humain. L’équipe a été très discrète, toujours en respectant l’intimité. Sidonie s’est vraiment immergée, elle tenait la main des patientes, elle m’aidait. J’avais l’impression d’avoir une petite stagiaire !

Jessica, sage-femme

Le documentaire se veut également transparent sur la réalité du métier. Il ne se contente pas de montrer « le côté tout beau tout rose ». Les caméras ont capté des moments de forte tension, comme ces deux cas d’urgence où le rythme cardiaque du bébé ralentissait, nécessitant une réaction immédiate de l’équipe médicale. « On voit des moments de stress, on voit toutes nos émotions », confie la sage-femme.

Grossesses à haut risque et accouchements physiologiques

À Jeanne de Flandre, le quotidien de Jessica est loin d’être routinier. La maternité est spécialisée dans les grossesses à haut risque, nécessitant un plateau technique très fourni et une prise en charge pluridisciplinaire. Les soignants y accompagnent des femmes atteintes de lourdes pathologies (greffes rénales, problèmes cardiaques) ou confrontées à de grandes prématurités.

On fait des réunions pour savoir ce qu’on peut faire pour la péridurale, combien de temps elle doit pousser… c’est toute une équipe pluridisciplinaire autour de la naissance.

Jessica, sage-femme

En parallèle de cette hyper médicalisation, l’équipe répond à une forte demande d’accouchements physiologiques, permettant aux femmes de « reprendre le pouvoir sur leur corps » dans un cadre de haute sécurité.

Un regard croisé sur une profession universelle

Si la partie lilloise pose les bases du métier, la véritable force de Si j’étais sage-femme réside dans son aspect transversal. En comparant les conditions d’exercice à Lille, au Népal, au Guatemala et au Sénégal, le choc est palpable.

L’accès aux soins, l’absence de péridurale dans certaines régions du globe ou les temps de transfert interminables vers les hôpitaux constituent de véritables pertes de chance d’avoir un enfant.

« On se rend compte de la chance qu’on a en France d’avoir un accès médical aussi facile », déclare Jessica, marquée par les différences de moyens.

Mais derrière ces écarts et les milliers de kilomètres, Jessica a été émue de constater des similitudes frappantes. « Aux quatre coins du monde, on a ce point commun, ce côté presque sacrificiel de vouloir sauver nos mamans et nos bébés dans la bienveillance. »

Le documentaire Si j’étais sage-femme sera diffusé ce mardi 23 juin en prime, à 21h05, sur France 5.

Personnalisez votre actualité en ajoutant vos villes et médias en favori avec Mon Actu.