C’est au siège de l’Association des Maires de France, fief de David Lisnard, qu’a été célébrée, ce 17 juin à Paris, l’union de deux territoires aux destins liés par la proximité, mais qui jusqu’alors ne s’étaient jamais entendus autour d’un projet d’attractivité commun. Les témoins, drivés par Virginie Atlan (Métropole Nice Côte d’Azur) et Farouk Raïs (French Tech Côte d’Azur) sont venus nombreux pour cette célébration sans aucun suspense qui pourtant acte une nouvelle ère au pays des collectivités locales. On ne pourra pas nier la part d’ouvrage d’un Pierre Ippolito, récemment élu en Métropole, dans ce rapprochement qu’il appelait déjà de ses vœux alors qu’il présidait l’Union patronale. On ne pourra pas nier non plus l’adoubement d’un Jean-Pierre Mascarelli. « Nous sommes heureux, et pour beaucoup d’entre nous… soulagés », a-t-il souligné devant ses convives, évoquant une logique et une raison qui devra aussi s’élargir aux bassins de Cannes et de Grasse pour que la famille recomposée performe. Farouk Raïs, pour la French Tech, pousserait même le bouchon un poil plus large, jusqu’à épouser l’Est-Var et les Alpes, tant les synergies avec la Maralpie y sont naturelles.
Reconstruire
Après la cérémonie, le plus dur reste à faire. La vie à deux n’est pas toujours mer d’huile… Et les habitudes ont la dent dure. Team Nice Côte d’Azur et la Fondation Sophia Antipolis sont en première ligne, puisque tous deux chargés de la promotion et de l’attractivité de leur territoire. Eux qui avaient été le symbole du désamour entre Nice et Sophia en 2022/2023, avec une équipe scindée en deux après le divorce des autorités parentales. Il faudra penser aussi aux convictions -ou rancœurs- politiciennes, notamment côté ressources humaines territoriales pur jus, déjà secouées par le changement de municipalité. Pour autant, les têtes de ligne sont confiantes. « C’est une réaction de chefs d’entreprise, souligne Jean-Pierre Mascarelli. Un territoire, ça ne se vend pas par petits morceaux, et ça n’est d’ailleurs respectueux ni pour ce qui y vivent, ni pour ceux qui y travaillent. Nous prenons aujourd’hui devant vous une sacrée responsabilité. Et nous comptons sur un soutien collectif, pour essayer de faire -et de réussir- un maximum de choses ensemble. » Dans une Nouvelle Energie, pourrait-on dire à Cannes. Pour Pierre Ippolito, rien d’insurmontable dans une démarche qui, hors collectivités, n’est pas une stratégie mais la vie quotidienne.
Une gouvernance à la sophipolitaine
« Il ne s’agit pas de fabriquer un nouvel outil, avec un nouveau président, à Sophia Antipolis, nous savons faire ce genre de gouvernance en bon entendement sans alourdir encore le rôle des collectivités », ajoute Jean-Pierre Mascarelli, adepte de l’agora apaisée et avertie avec le Symisa ou la Fondation. « Aujourd’hui, il faut miser sur le collectif, quels que soient les territoires, les religions ou les sensibilités politiques », appuie Pierre Ippolito sans détour. « Il faut que nos équipes se parlent, s’entraident, se connaissent. Et ça commence par les équipes autour de l’économie et de l’attractivité, sans formalisme, mais avec la vraie volonté de créer du lien, et de mettre des moyens en commun. » Comme pour une entreprise. On teste, on… innove. Ni arme, ni violence et sans haine. Si l’essai est transformé, pourquoi pas viser d’autres objectifs, comme la mobilité par exemple. « Nous sommes au début d’une nouvelle histoire. Nos maires respectifs se sont eux-aussi engagés sur cette voie. Il y a des sujets qui méritent une réponse politique collective. »