Samedi, le juge Juan Carlos Peinado avait ordonné, après deux ans d’investigations, que Begoña Gómez soit jugée par un jury pour corruption et lui a interdit de quitter le pays.

L’organe espagnol en charge du contrôle de l’activité des juges a annoncé lundi ouvrir une procédure disciplinaire à l’encontre de celui qui enquête sur l’épouse du premier ministre Pedro Sánchez, nouvel épisode dans ce dossier épineux pour le dirigeant socialiste. Samedi, le juge Juan Carlos Peinado avait ordonné, après deux ans d’investigations, que Begoña Gómez soit jugée par un jury pour corruption et lui a interdit de quitter le pays.

Dans ses motivations, le magistrat avait indiqué estimer que des policiers «pourraient, soit de leur propre initiative, soit sur ordre de leurs supérieurs, contribuer à faciliter une fuite» à l’étranger de Begoña Gómez. Cet argumentaire avait provoqué la colère de la direction de la police, qui avait égratigné dans un communiqué une explication «injustifiée», rappelant «la neutralité politique (et) l’absolue impartialité» demandée aux agents. Les propos du juge Peinado «pourraient constituer un manquement grave au devoir de considération» envers «des fonctionnaires de police», a estimé dans un communiqué lundi le Conseil général du pouvoir judiciaire (CGPJ) basé à Madrid. Dans le détail, une faute jugée «grave» peut coûter jusqu’à 6.000 euros d’amende.


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Multiples affaires de corruption dans l’entourage de Pedro Sánchez

L’enquête visant Begoña Gómez fait partie des multiples affaires de corruption qui ont éclaboussé l’entourage privé et professionnel de Pedro Sánchez, menaçant de faire tomber sa fragile coalition gouvernementale. En avril, le juge Peinado avait inculpé Begoña Gómez pour détournement de fonds, trafic d’influence, corruption dans des opérations commerciales et malversations dans une enquête ouverte en 2024 pour déterminer si elle avait exploité sa position d’épouse du premier ministre à des fins privées, dans le cadre de son travail à l’époque à l’Université Complutense de Madrid. Begoña Gómez a toujours nié toute faute et Pedro Sánchez a rejeté les accusations visant son épouse, les qualifiant de tentative de l’opposition de déstabiliser son gouvernement.

Lundi matin, le ministre de la Justice Félix Bolaños a déploré une affaire «absolument anormale», qui «porte atteinte à l’image de la justice». «Cette affaire aurait dû être déclarée irrecevable dès le premier jour. Et cela n’a pas été fait», a-t-il encore critiqué à la radio Cadena Ser, évoquant les «décisions incompréhensibles» du juge Peinado. Le magistrat, qui doit prendre sa retraite en septembre, a convoqué Begoña Gómez mercredi à 16H00 GMT pour qu’elle remette son passeport pour éviter toute fuite hors d’Espagne. Ce jour-là, Pedro Sánchez doit prononcer face aux députés un discours à 7H00 GMT sur l’ensemble des affaires judiciaires en cours touchant son entourage et le parti socialiste (PSOE) qu’il dirige.