L’endettement de Bordeaux, qui a bondi entre 2019 et 2025 pour atteindre 413 millions d’euros, représente une « dette historique » et « intenable », a déclaré lundi Thomas Cazenave, alertant sur une possible « mise sous tutelle » de la municipalité.

Élu en mars, le maire (Renaissance) a sollicité un audit auprès du cabinet EY, lequel a constaté « un accroissement du recours à l’emprunt » en 2024 et 2025. Les élus de l’ancienne majorité écologiste, aujourd’hui dans l’opposition, défendent eux des investissements « pour préparer l’avenir », notamment en termes de végétalisation et de rénovation énergétique.

« L’encours de la dette communale a ainsi évolué de 252 M EUR en 2019 à 413 M EUR en 2025 (+64%) », relève la société de conseil, qui pointe également des dépenses de fonctionnement ayant crû plus rapidement que les recettes entre 2019 et 2025.

« La dette a atteint des niveaux historiques », a commenté Thomas Cazenave en présentant le rapport d’audit à la presse. « C’est une situation difficile et préoccupante dont nous héritons et qui nécessitera de construire une nouvelle trajectoire. »

Le nouveau maire, ex-ministre délégué aux Comptes publics, explique avoir reçu un « courrier d’alerte » de la préfecture et de la direction générale des finances publiques « concernant la dégradation (des) ratios financiers » de la municipalité.

Si son budget est en déséquilibre, elle risque la « mise sous tutelle », a prévenu Thomas Cazenave. Auquel cas « nous n’aurons plus aucune souveraineté », a-t-il mis en garde, renvoyant le détail des futures « économies » à un futur budget rectificatif pour 2026, puis au budget 2027.

« On nous a caché des choses parce que la situation était en train de se dégrader fortement », a accusé M. Cazenave.

« Durant six ans, nous avons fait un choix clair: investir pour préparer Bordeaux aux urgences climatiques et sociales », ont répliqué les élus issus de l’ex-majorité, vantant leur bilan environnemental sur fond de canicule dépassant les 40°C à Bordeaux.

Battu par Thomas Cazenave en mars, Pierre Hurmic (2020-2026) avait notamment revendiqué pendant la campagne avoir mené une « révolution solaire » avec 52 bâtiments municipaux équipés en panneaux et une autonomie énergétique passée de 3 à 41%, la végétalisation des cours d’école et 70.000 arbres plantés.

« Ces investissements n’étaient ni un luxe, ni une dérive. Ils étaient une nécessité », ont plaidé les conseillers municipaux d’opposition dans un communiqué, fustigeant « le récit d’une ville prétendument +au bord du gouffre+ pour mieux préparer les Bordelais à une politique d’austérité ».

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