Le président du RN s’est fendu d’un message mardi pour saluer celui «qui a incarné jusqu’au sacrifice la figure du citoyen-soldat». Un hommage qui a suscité l’ire de l’Insoumis.

À quelques heures de la panthéonisation de Marc Bloch, l’événement a été l’occasion d’un échange d’amabilités entre Jordan Bardella, rendant hommage à l’historien engagé dans la Résistance, et Jean-Luc Mélenchon, fustigeant le «déguisement électoral» de son rival du Rassemblement national, qui a dénoncé en retour «les crimes de la gauche».

Pas le bienvenu à la cérémonie officielle – à la demande de la famille de Marc Bloch qui a demandé que l’extrême droite soit «exclue» de la cérémonie – le président du RN s’est tout de même fendu d’un message consensuel pour saluer celui «qui a incarné jusqu’au sacrifice la figure du citoyen-soldat».


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Torturé et exécuté par la Gestapo, il avait laissé pour la «postérité» l’ouvrage «L’Étrange Défaite», vu par Jordan Bardella comme «un réquisitoire implacable contre le cynisme, l’égoïsme et l’aveuglement d’une partie des élites françaises qui ont conduit notre pays à l’abîme en 1940».

«Hitler plutôt que le Front Populaire!»

Formule qui a aussitôt fait réagir Jean-Luc Mélenchon: «Ceux qui “ont conduit notre pays à l’abîme” c’étaient ceux qui criaient “Hitler plutôt que le Front Populaire!”», a affirmé le leader de La France insoumise, renvoyant son adversaire aux racines de son parti, fondé il y a plus d’un demi-siècle avec d’anciens collaborateurs du régime nazi.

«De Gaulle et la Résistance ont tiré la France de cet abîme. Vos fondateurs ont essayé de l’assassiner. Ne croyez pas qu’on va croire à votre déguisement électoral», a insisté le leader Insoumis, lui-même candidat pour la quatrième fois à la présidentielle.

Réponse dans la foulée de son possible concurrent, en cas d’empêchement judiciaire de Marine Le Pen: «Marc Bloch a été dénoncé par Francis André, qui milita pour le Parti communiste français dans les années 30 avant de suivre l’un de ses dirigeants, Jacques Doriot, au sein du Parti populaire français». Après avoir été exclu du parti communiste, Jacques Doriot avait fondé en 1936 le PPF, qui prit de plus en plus une tournure raciste et antisémite avant de devenir un parti collaborationniste.