Le conflit s’envenime dans les quartiers nord de Marseille. Le médecin généraliste Saïd Ouichou, ancien candidat aux élections municipales, annonce vouloir porter plainte pour diffamation contre le député LFI Sébastien Delogu. En cause : un signalement transmis par l’élu au procureur de Marseille, après les accusations d’une patiente visant le praticien pour des violences psychologiques lors d’une consultation.
Saïd Ouichou annonce une plainte contre Sébastien Delogu
L’affaire a pris une tournure judiciaire lundi soir. Sébastien Delogu a indiqué avoir saisi le procureur de Marseille après avoir eu connaissance du témoignage d’une patiente mettant en cause le docteur Ouichou. Le député affirme que le médecin aurait exercé des violences psychologiques à son encontre.
« Selon les éléments dont j’ai connaissance, le docteur Ouichou aurait exercé des violences psychologiques caractérisées à l’encontre de la patiente. Je rappelle qu’un médecin est tenu à des obligations de respect, de dignité et de bienveillance envers ses patients », a écrit Sébastien Delogu.
Le praticien conteste fermement cette présentation. Tenu au secret médical, il dit ne pas pouvoir détailler publiquement le contenu de la consultation, mais assure que les faits seraient déformés. « Je suis tenu au secret médical, et il m’est interdit de révéler quoi que ce soit concernant cette consultation. Mais Monsieur Delogu présente les faits de manière erronée », a déclaré Saïd Ouichou.
Le médecin annonce donc vouloir porter plainte pour diffamation contre le député insoumis. Il renvoie aussi Sébastien Delogu à son propre passé judiciaire. « Sébastien Delogu a été condamné pour des violences, et moi je lutte contre la violence », a-t-il ajouté.
Une querelle ancienne dans les quartiers nord de Marseil
Derrière ce nouvel épisode, les relations entre les deux hommes étaient déjà dégradées. Selon les éléments rapportés, Saïd Ouichou et Sébastien Delogu se connaissaient et n’entretenaient pas, au départ, de rapports conflictuels. Mais les choses auraient basculé à l’été 2025, dans un contexte de tensions autour d’affiches électorales.
Le député aurait alors lancé au médecin : « S’il te plaît, reste à ta place… C’est la dernière fois que je te le dis ». Le praticien avait déposé une main courante. Depuis, la tension n’est jamais vraiment retombée.
Saïd Ouichou estime que cette affaire dépasse désormais son seul cas. Il dit voir dans ces accusations une pression de plus exercée sur les médecins, notamment lorsqu’ils refusent certaines demandes de patients. « Aujourd’hui, nous médecins sommes soumis au diktat de nos patients. Lorsque nous ne répondons pas favorablement à leurs demandes, ils essayent de porter atteinte à notre honneur tout en installant une forme de chantage », déplore-t-il.
Le praticien rappelle aussi le climat de violence auquel certains médecins peuvent être confrontés. Dans son entourage professionnel, une jeune consœur avait dû quitter son cabinet en 2022 avant d’être violemment agressée en 2024 après avoir refusé une ordonnance.