Une épargne nette (l’autofinancement qui permet d’investir) qui diminue de 178 M€ à 144 M€ en 2025. Une capacité de désendettement qui passe de 5,8 ans en 2024 à 6,7 ans en 2025. La situation financière du conseil régional de Bretagne appelle à la vigilance. Ce n’est pas l’opposition qui le dit, c’est l’exécutif qui l’écrit dans le rapport financier 2025 qu’il présentera aux élus régionaux lors de la session du 25 au 27 juin 2026.
Comme les autres régions françaises, la Bretagne est victime de la baisse des crédits gouvernementaux : moins 14 millions en 2025, moins 33 millions en 2026. Formation professionnelle, apprentissage, formation sanitaire et sociale… Ces filières vont trinquer cette année alors que le taux de chômage repart à la hausse, se désole Stéphane Perrin-Sarzier, vice-président chargé des finances.
« Nous n’avons pas d’interlocuteur »
Quelques jours après Loïg Chesnais-Girard, le président de la Région Bretagne, « scandalisé » par le procédé gouvernemental, Stéphane Perrin-Sarzier a dénoncé, dans une conférence de presse lundi 22 juin 2026, une méthode d’annulation de crédits d’État catastrophique. Il y a un décalage entre le court-termisme de la gestion nationale et le moyen terme auquel nous sommes contraints, s’est désolé l’élu. Nous retirer les recettes et nous couper les gaz, c’est dramatique. Le pire, c’est que nous n’avons pas d’interlocuteur (NDLR, au sein de l’État) sur ces sujets. Nous n’arrivons pas à enclencher la discussion.
L’élu est carrément inquiet concernant l’exécution du contrat de plan État-Région 2021-2027 (près d’un milliard d’euros d’investissements prévus sur la période). Nous n’avons plus de nouvelles. Je n’en fais pas reproche à l’État local (NDLR, le préfet) qui n’en sait pas plus que nous. Apparemment, il y aurait des crédits gelés.
Les dépenses ont diminué de 2,8 %
Comment aborder l’avenir pour la Région Bretagne quand l’État déficitaire semble décidé à mettre à contribution les collectivités ? Une seule solution résumée par Stéphane Perrin-Sarzier : Pour maîtriser notre trajectoire d’endettement comme on l’a toujours fait, il faudra tailler dans les investissements. À l’évidence, on ne peut pas compenser le recul de l’État. Et l’élu de déplorer : Ce sont des politiques publiques en moins.
En 2025, les dépenses de la Région (pour toutes ses missions dont les lycées, les transports, la formation…) ont diminué de 2,8 % (moins 52 M€). Ses recettes réelles de fonctionnement aussi (moins 1,8 %). La Région Bretagne a toutefois réussi à limiter cette baisse en augmentant la fiscalité sur les certificats d’immatriculation, sa principale marge de manœuvre fiscale. Pourra-t-elle jouer cette carte tous les ans ?