Roulement de tambour… Alors qu’elle tient en haleine l’OM et ses supporters depuis la fin du championnat, voici un bon mois, la DNCG a décidé… de ne pas trancher. Du moins, pas encore. Réunie ce mardi pour ausculter le patient marseillais, représenté par son futur tuteur Stéphane Richard, la Direction nationale du contrôle de gestion n’avait visiblement pas toutes les cartes en main. En début de soirée, l’instance rattachée à la LFP a préféré temporiser, sous couvert d’un « sursis à statuer dans l’attente d’éléments complémentaires demandés au club », d’après un communiqué officiel, au sein duquel l’on apprend accessoirement la mise sous tutelle de la masse salariale d’un concurrent direct, l’AS Monaco.
Des précédents sous l’ère McCourt
Une sanction, parmi d’autres, qui pend au nez de la maison ciel et blanc, récemment épinglée par l’UEFA, via son fair-play financier. Bien que les deux gendarmes n’appliquent pas la même loi, l’un veillant à ce qu’un club dépense scrupuleusement l’argent qu’il génère, tandis que l’autre, français, s’assure de la capacité d’un actionnaire à préserver la pérennité de son bien, ils mettent en exergue la gestion hasardeuse, restons pudiques, de l’OM.
En plus de l’amende salée (10M€) et d’une exclusion des coupes d’Europe avec sursis, prononcée par l’UEFA la semaine passée, l’institution pourrait voir ses plans estivaux grandement contrariés par la DNCG. Pour rappel, cette dernière est en mesure, par ordre croissant, d’encadrer la masse salariale et limiter les contrats, de réguler les transferts, imposer de vendre avant d’acheter, ou les interdire strictement. Dans le pire des scénarios, elle peut même de prononcer une rétrogradation à titre conservatoire, voire immédiate, en Ligue 2.
Bien conscient de la menace qu’il plane sur son futur club, dont il prendra officiellement les manettes le 2 juillet, Stéphane Richard a dû se montrer convaincant au 34 boulevard de Courcelles, dans le XVIIe arrondissement parisien, où il a débarqué avec une avance confortable sur l’heure de l’audience (11h). « Je voudrais inscrire un peu ce projet dans la durée et essayer de ramener une forme de calme, de sérieux », promettait-il par exemple fin mai, lors du lancement de l’annuaire Who’s Who, au siège de La Provence.
En ce sens, l’ancien PDG d’Orange a dû défendre le bilan désastreux de ses prédécesseurs (105M€ de pertes nettes en 2024-25, à titre indicatif), promettre de grandes économies, le retour d’une gestion raisonnable sur les hauteurs de La Commanderie, et non dépendante d’une unique place sur le podium, tout en rappelant le soutien historique de son généreux mécène Frank McCourt.
Alors que la DNCG venait de rendre sa non-décision, aux alentours de 19 heures, le clan de l’homme d’affaires américain a préféré rester discret. Silence radio, aussi, sur les hauteurs de La Commanderie, où toute l’attention est fébrilement braquée sur cette sentence, quitte à laisser traîner le dossier du futur entraîneur, davantage encore le mercato.
Priorité du moment, transmettre les fameux documents complémentaires à la DNCG. Pas une nouveauté pour l’OM, qui a plusieurs fois connu pareil « sursis » sous l’ère McCourt. Entre le premier communiqué du gendarme financier et son verdict, parfois une dizaine de jours (2024), parfois trois interminables semaines (2022). Ces deux derniers fois, le club s’en était sorti indemne… ce qui n’est pas, non plus, une assurance pour l’été 2026. Loin de là.
Plus d’informations à suivre…