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Augustin Bouquet des Chaux

Publié le

23 juin 2026 à 12h30

À Saint-Victor-l’Abbaye près de Dieppe (Seine-Maritime), la colère des salariés de l’association Sésame autisme Normandie ne diminue pas. Dans notre édition du 29 mai, nous expliquions que les 48 professionnels de l’association chargée d’accueillir des personnes en situation de handicap protestaient contre les salaires prévus par la convention collective du secteur du médico-social. Cette dernière n’a pas été réévaluée depuis plus de dix ans. Avec la hausse continue du SMIC, de nombreux salariés se retrouvent aujourd’hui avec un salaire de référence établi en dessous du salaire minimum prévu par la loi. Stéphane Lasnier, directeur général de Sésame autisme Normandie a tenu à réagir à cette mobilisation et à une colère qu’il estime légitime.

Une convention collective établie en 1966

« Le SMIC progresse aujourd’hui moins vite que les salaires. Quand j’ai commencé il y a 25 ans, il y avait déjà des conventions sous le SMIC. Ce n’est pas nouveau mais ça s’aggrave », souligne Stéphane Lasnier. La convention collective qui régit Sésame autisme Normandie a été établie en 1966.

Il n’y a que l’État qui peut la faire évoluer. Évidemment, comme il n’est pas possible de verser un salaire inférieur au SMIC, c’est aux employeurs de compenser via des indemnités différentielles. « Il y a de plus en plus de personnes qui sont concernées par ces indemnités », regrette le directeur de Sésame autisme Normandie.

Des financements public en majorité

Il rappelle que la structure n’est pas maître de cette convention et donc ne peut pas avoir de véritables réponses structurelles sur l’évolution des salaires. « Nos financements sont publics à hauteur de 98 % de nos budgets.

Ces financements publics sont établis en fonction de la convention collective si bien que l’on ne peut pas décider d’augmenter les salaires de nos employés d’un coup comme ça », poursuit Stéphane Lasnier.

« Pas que des mauvais côtés »

Une réalité budgétaire dont ont conscience les salariés qui ont d’ailleurs toujours indiqué ne pas être en colère contre leur employeur mais bien contre la non-réévaluation de la convention collective.

« Il faut aussi rappeler que la convention n’a pas que des mauvais côtés. Par exemple, il n’y a pas de jours de carence en cas d’arrêt maladie et si vous travaillez avec les enfants, il y a des jours de congé en plus… Ça ne remplace jamais un petit salaire mais il y a aussi des avantages », conclut Stéphane Lasnier.

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