En Allemagne, le gouvernement de coalition a ouvert, le 23 juin
2026, le chantier le plus sensible de son agenda : une
réforme des retraites en Allemagne 2026 d’ampleur
inédite. Sur la base d’un rapport remis ce jour-là à la
Chancellerie, Berlin veut appliquer un paquet de 33
mesures qui touchent à la fois le niveau des pensions, le
mode de financement et l’âge de départ.
Le chancelier chrétien‑démocrate Friedrich Merz
et la ministre sociale‑démocrate du Travail Bärbel
Bas assurent que ce paquet sera appliqué dans les
prochains mois « en bloc », sans tri entre recommandations.
L’engagement est clair, mais il ouvre beaucoup de questions : la
retraite légale restera-t‑elle dominante, comment sera gérée la
future capitalisation obligatoire et qui devra travailler plus
longtemps ?
Réforme des retraites en Allemagne : un paquet de 33
mesures
Au
Bundeskanzleramt, la Commission de
sécurité des personnes âgées est coprésidée par Frank‑Jürgen Weise
et Constanze Janda, a remis le 23 juin 2026 son rapport au
gouvernement. Ce document propose 33 mesures pour
refonder le Deutsches Rentensystem, (qui regroupe
16 caisses d’assurance pension) en réaffirmant que la retraite
légale reste la première composante d’un modèle à trois piliers,
avec la retraite d’entreprise et l’épargne privée.
Les auteurs visent un niveau de vie à la retraite équivalant à
environ 70 % du dernier salaire net, un objectif
mentionné par le quotidien
Süddeutsche Zeitung, en combinant ces trois sources de
revenus.
Une bombe démographique qui pousse Berlin à agir vite
D’ici 2040, 30 % des salariés allemands partiront à la retraite,
rappellent les données citées par la radio internationale
RFI. Ce basculement massif des baby-boomers met sous
pression le système par répartition : moins d’actifs pour financer
davantage de pensions. Le
Statistisches Bundesamt, équivalent de l’Insee, anticipe déjà
13,4 millions d’actifs ayant atteint ou dépassé
l’âge légal d’ici 2039, soit environ un tiers de la population
active.
Capitalisation, âge de départ et trois
piliers du nouveau système
Pour stabiliser ce système, le gouvernement mise sur un schéma à
trois piliers où la retraite légale reste centrale, mais où la
capitalisation prendra davantage de place. L’une des mesures phares
serait la création d’une Kapitalrente obligatoire,
gérée par un fonds d’Etat sur le modèle suédois, afin de compléter
la pension publique et la retraite d’entreprise sans alourdir à
l’excès les cotisations des actifs.
L’âge légal de départ serait indexé sur l’espérance de vie, avec
une progression automatique au fil des générations, tout en
prévoyant des aménagements pour les carrières longues. Des mesures
spécifiques sont annoncées pour les métiers pénibles et les
bénéficiaires du minimum vieillesse, afin d’éviter une réforme
purement budgétaire. « Sans réforme, le niveau des retraites
serait condamné à baisser et les cotisations augmenteraient »,
avertit Friedrich Merz, tout en promettant :
« Il n’y aura pas de baisse des retraites ». Dans les
prochains mois, le Parlement devra transformer ces recommandations
en lois, sans casser la promesse de stabilité sociale portée par
Bärbel Bas.