Ce premier cas d’Ebola a été détecté chez un médecin de retour de République démocratique du Congo (RDC) actuellement confrontée à une importante épidémie.

JOSPIN MWISHA / AFP

Ce premier cas d’Ebola a été détecté chez un médecin de retour de République démocratique du Congo (RDC) actuellement confrontée à une importante épidémie.

Pour la première fois, un cas d’Ebola a été identifié sur le territoire français, chez un médecin humanitaire de retour de République démocratique du Congo (RDC) actuellement confrontée à une importante épidémie. Interrogé par l’AFP, le ministère a précisé que le cas avait été identifié en métropole.

« Le patient, de retour d’une des zones de circulation du virus en République démocratique du Congo (RDC), a immédiatement été pris en charge dans un établissement spécialisé et se trouve dans un état stable », précise le communiqué. L’OMS précise que le risque pour la santé publique reste « faible ».

Le ministère se veut aussi rassurant et précise que la France a les « capacités » pour la prise en charge de ce type de patient. « Toutes les mesures de précaution, et notamment l’isolement du patient, ont été prises dès son arrivée sur le territoire national avec un transfert à l’hôpital dans des conditions sécurisées afin d’éviter tout risque de contamination », a-t-il assuré.

La France est, dans le cadre de cette épidémie, le premier pays hors d’Afrique à confirmer qu’un cas a été diagnostiqué sur son territoire. De précédents cas suspects, au Brésil ou en Italie, ont été finalement exclus ou non confirmés.

Une charge virale « très faible »

Le patient diagnostiqué à Ebola en France à son retour de RDC, a une charge virale « très faible », a annoncé le ministère de la Santé, précisant que des contacts étaient « en cours d’identification ». La personne malade a voyagé par Air France, qui a fourni la liste des passagers aux autorités.

Le patient « a embarqué sur un avion de ligne depuis Kinshasa en était quasi asymptomatique – céphalées » et son état s’est « légèrement dégradé pendant le vol » avant une prise en charge immédiate à son atterrissage à Paris, a précisé le ministère dans un message à la presse. L’ONG Alima a annoncé qu’il s’agissait de l’un de ses médecins.

Incubation, cas contact… Quelle prise en charge du patient et de l’entourage ?

La prise en charge de cette maladie repose essentiellement sur des soins de soutien, avec de la réhydratation par voie orale ou intraveineuse, et des traitements symptomatiques. Sa période d’incubation varie de 2 à 21 jours, et les personnes infectées ne sont contagieuses qu’après l’apparition des premiers symptômes.

La transmission interhumaine de cette maladie se faisant par contact direct, avec les fluides corporels d’une personne infectée, ou de manière indirecte via des draps, des vêtements, des seringues contaminées, les personnes les plus à risques de contracter le virus sont les professionnels de santé lors des soins.

Ils doivent donc porter des équipements de protection. Et un isolement de trois semaines est de rigueur pour les travailleurs humanitaires ayant été en contact avec des cas positifs.

Une enquête épidémiologique pour déterminer les cas contacts

La République démocratique du Congo fait face à la 17e épidémie de fièvre hémorragique de son histoire. La maladie a contaminé 1 048 personnes selon un dernier bilan officiel, et provoqué 267 décès dans la nation parmi les plus pauvres du monde. Le taux de létalité est de 25,5 %. Mais organisations humanitaires internationales et ONG déployées sur le terrain estiment de façon unanime que les chiffres officiels sont encore sous-estimés. Quelque 78 soignants ont été contaminés par le virus et 18 sont décédés, selon l’INSP.

Au sujet du premier cas en France, le ministère de la santé ajoute : « Une enquête épidémiologique approfondie est menée pour déterminer les personnes qui auraient été en contact avec le patient. Ces personnes seront contactées sans délai par l’agence régionale de santé, effectueront un isolement à domicile de 21 jours et bénéficieront d’une surveillance attentive durant cette période. »

La situation est suivie « de très près » par le Premier Ministre, selon son entourage. Les deux seuls cas confirmés pris en charge en France métropolitaine l’avaient été au détour d’un rapatriement sanitaire sécurisé, après leur diagnostic, lors de l’épidémie de virus Ebola (Zaïre) de 2014-2016.

Pour cette épidémie causée par le virus Bundibugyo il n’existe aujourd’hui ni vaccin, ni traitement. Les vaccins mis au point ne sont efficaces que contre le virus Zaïre, responsable des plus grandes épidémies d’Ebola connues jusqu’ici. Ebola a tué plus de 15 000 personnes en Afrique au cours des 50 dernières années.