L'Hôpital Loire Santé en travaux

L’Hôpital Loire Santé en travaux

Crédit : Dolorès Charles

Le nouvel hôpital Loire Santé, en construction sur l’île de Nantes, va améliorer la prise en charge et le confort des patients et du personnel médical, grâce notamment à une meilleure maîtrise de sa consommation énergétique : puits géothermiques, réseau de chaleur urbain, panneaux photovoltaïques et fenêtres avec façade bioclimatique.

Guillaume Catoire, ingénieur au CHU, le précise : « on a cinq puits de géothermie qui permettent de produire, et de la chaleur et du froid par un système de ce qu’on appelle thermofrigopompe ». Pour faire simple, l’hiver, on peut produire du chaud et l’été, on peut produire du froid. Cela permet d’alimenter, notamment en chauffage, une bonne partie de l’hôpital, et c’est complété en chaud par le réseau de chaleur urbain. On a un petit complément par des chaudières mixtes fuel-gaz… et on aura également des panneaux photovoltaïques … »

 

Les avantages de la façade bioclimatique

 

La façade bioclimatique elle a bien des avantages selon Guillaume Catoire :  « elle permet un gros apport de lumière, mais elle permet aussi par un système de triple vitrage, de se protéger des apports solaires trop importants, notamment l’été, ou en demi-saison, c’est-à-dire quand le soleil est encore un peu rasant et que la chaleur rentre très fort par la fenêtre, ce qui limite l’utilisation de la climatisation.

Les bâtiments de réanimation et de blocs sont climatisés, puisqu’on est en air traité. Les bâtiments d’hospitalisation et les bureaux sont rafraîchis. Il n’y a pas de climatisation, ce qui fait de grosses économies en termes de consommation d’énergie. »

Guillaume Catoire, chef de projet du nouvel hôpitalGuillaume Catoire, chef de projet du nouvel hôpital

Crédit : Dolorès Charles

Pour autant, il n’y aura pas de climatisation totale, et en ces temps de fortes chaleurs, et cela fait le (bad) « buzz »

 

Pourquoi un hôpital ne serait pas complètement climatisé ?

 

Le syndicaliste Olivier Terrien de la CGT du CHU avait alerté dès le départ du projet : « on s’est battus pour qu’il y ait la clim’ partout, mais il y avait un argument qui nous était opposé, celui du coût. Alors, on parle d’un bâtiment bio-climatique, c’est très bien et ce sera certainement mieux que ce que l’on a aujourd’hui, à l’Hôtel-Dieu mais … il y a une question qui se pose, pourquoi certains patients auraient de la climatisation et d’autres dans leur chambre auraient simplement un air refroidi. Il faut juste regarder à côté, on a des centres commerciaux qui sont complètement climatisés, pourquoi un hôpital ne serait pas complètement climatisé ? »

Olivier Terrien du CHU de NantesOlivier Terrien du CHU de Nantes

On peut aussi se demander si la climatisation « favorise » la circulation de virus, « parfois, mais pas partout « affirme le syndicaliste Olivier Terrien : « cela peut être le secteur de l’hématologie par exemple, mais sur d’autres secteurs, où on peut bénéficier de la climatisation, je ne vois pas pourquoi l’entièreté de cet hôpital, là où on peut, n’ait pas la climatisation.

 

La climatisation est possible dans de nombreux services

 

D’après ce qu’on a compris cet air refroidi serait dans le cadre de la géothermie, avec un pompage au niveau des nappes phréatiques. La vraie question se pose : si demain, il n’y a plus d’eau ou moins d’eau dans ces nappes, il n’y a plus d’air refroidi, parce que tout ça va ensemble. »

Et sur la question du coût, Olivier Terrien s’interrge : « le fait d’avoir positionné cet hôpital sur un terrain instable, il a fallu mettre 3000 pieux, et « ça coûte une blinde ». Il a fallu cuveler tous les sous-sols en cas de crues pour éviter les infiltrations, et là aussi, ça a coûté beaucoup d’argent. Pourquoi est-ce que cet argent n’a pas été mis dans la climatisation ? »

Une chambre du CHU de Nantes (en fin de chantier - 2026)

Une chambre du CHU de Nantes (en fin de chantier – 2026)

Crédit : Dolorès Charles

230 000 m² 110 000 m2 climatisés

 

Au total, « sur 230 000 m² 110 000 m2 seront climatisés, et l’ensemble sera soit climatisé soit rafraîchi », selon la Direction du CHU qui s’exprime dans Ouest-France, et que nous avons tenté de joindre.

Pour rappel c’est un chantier à 1,25 milliards d’euros, l’ouverture du nouveau CHU est espérée à l’horizon 2028.