Société

Bouches à incendie transformées en piscines, voitures saccagées pour s’amuser… Face à ces dégradations gratuites, certains maires appliquent désormais un principe simple : qui casse paie.

Publié le 24 juin 2026 à 17h30

Une bande de jeunes de Saint-Priest, près de Lyon, a ouvert et dégradé une bouche à incendie. Photo © Gilles Gascon

Une bande de jeunes de Saint-Priest, près de Lyon, a ouvert et dégradé une bouche à incendie. Photo © Gilles Gascon

Rien de tel, quand il fait chaud, qu’une bonne baignade entre amis. Dans le quartier de Bel Air, à Saint-Priest, des adolescents ont explosé une bouche à incendie, le 28 mai en pleine chaleur, et ont installé une piscine gonflable en plein milieu de la rue. Une scène qui n’a guère amusé le maire LR Gilles Gascon. Sur les réseaux sociaux, il a rappelé qu’un équipement de secours rendu inutilisable met en danger la sécurité de tout un quartier, sans compter le « non-sens écologique » que représente un tel gaspillage d’eau. Et comme toujours avec « ces malins », c’est aux autres qu’il reviendra de passer à la caisse en attendant, du moins, que la facture leur soit enfin présentée.

A LIRE « Pas de discussion » : la mairie de Lyon veut débaptiser la rue du maréchal Bugeaud, gouverneur de l’Algérie au XIXᵉ siècleQuartier de Bel Air / Gilles GasconQuartier de Bel Air / Gilles Gascon

Grâce à la vidéoprotection municipale, un adolescent de 16 ans a été identifié. Il a reçu un rappel à l’ordre et devra s’acquitter d’une facture de 3 000 euros, correspondant à l’eau perdue et aux réparations de la bouche d’incendie, a confirmé l’édile, qui est aussi vice-président de la Métropole de Lyon. « Qui casse paie », a-t-il résumé sur ses réseaux sociaux, « chacun doit répondre de ses actes ».

« Ce n’est pas aux contribuables de payer ! »Les Hauts-de-Seine ont aussi leurs petits comiques. Le 24 mai, en pleine vague de chaleur, deux adolescents de 13 et 14 ans ont ouvert deux bouches à incendie à Asnières-sur-Seine. Pendant une quarantaine de minutes, environ 80 m³ d’eau se sont déversés sur la voie publique.

Identifiés grâce à la vidéosurveillance, les deux mineurs, l’un résidant à Asnières, l’autre en Seine-Saint-Denis, ont vu leurs familles destinataires d’une facture totale de 2 000 euros, couvrant l’eau gaspillée, la remise en état des équipements et la mobilisation des agents municipaux. Le maire LR Manuel Aeschlimann a justifié cette décision dans un communiqué : « Ce n’est pas aux contribuables asniérois de payer ! Les familles doivent assumer. » La note doit être adressée par le Trésor public, avec possibilité d’étalement des paiements.

Fontenay-aux-Roses, Clichy, Villeneuve-Saint-Georges… Les génies des quartiers populaires se font passer la bonne idée, sous le nom de « street pooling », de villes en villes : 17 bouches à incendie ont été vandalisées en région parisienne entre le 24 et le 25 mai, selon Le Parisien.

Des voitures saccagées en série

Ces dégradations sont d’autant plus exaspérantes qu’elles sont commises sans motif par des jeunes semant le désordre pour le désordre. Dans la nuit du 21 au 22 juin, en marge de la Fête de la musique à Paris, plusieurs voitures stationnées ont été endommagées. Des vidéos montrent des individus saccageant des véhicules et y dansant, provoquant des carrosseries enfoncées et des pare-brise brisés.

Le matin, les propriétaires ont eu la désagréable surprise de constater que leur véhicule avait été réduit à l’état d’épave. Visiblement sacrifié pour une bonne tranche de rigolade. Contrairement aux dossiers de Saint-Priest et d’Asnières, aucune mesure de facturation ciblée n’a pour l’heure été annoncée concernant ces dégradations de véhicules.

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