Lors d’une cérémonie de pose de la quille qui s’est tenue mercredi 17 juin, la Russie a officiellement lancé la construction du Murmansk (ou Mourmansk), un nouveau sous-marin nucléaire d’attaque de la classe Yasen-M. Ce bâtiment est le neuvième de cette nouvelle génération de sous-marins à propulsion nucléaire, développée pour mener des frappes à longue portée, combattre des navires de surface ou encore effectuer des missions dans les grandes profondeurs.

Quatre sous-marins de cette classe sont déjà en service au sein de la marine russe, explique le site Interesting Engineering. Un cinquième, baptisé Perm, termine actuellement ses essais avant une entrée en service d’ici la fin de l’année, selon les dernières informations partagées par le Kremlin. Ce navire pourrait devenir le tout premier de cette série à embarquer les missiles hypersoniques Zircon. L’Oulianovsk, lui aussi, se prépare à sa mise à flot. Deux autres unités (Voronej et Vladivostok) sont toujours annoncées comme étant « en cours de construction ». Et voilà que le petit dernier de la famille entre, à son tour, en chantier.

Un équipage de 64 personnes et 13 800 tonnes à transporter

Long de 130 mètres et large de 13 mètres, le Murmansk déplace 13 800 tonnes lorsqu’il est complètement immergé. Ce monstre des mers est propulsé par un réacteur nucléaire capable de lui offrir une autonomie d’environ 100 jours sous l’eau. Il peut plonger jusqu’à 600 mètres de profondeur et naviguer à plus de 57 km/h en immersion, avec 64 personnes à son bord.

La classe Yasen-M est armée de 10 systèmes de lancement vertical SM-346, qui peuvent transporter des missiles de croisière Kalibr, des missiles antinavires Oniks et, sur les versions les plus récentes, des missiles hypersoniques Zircon. Selon la charge, le sous-marin peut transporter jusqu’à 32 missiles Oniks ou Zircon, ou jusqu’à 40 missiles de croisière Kalibr. Il dispose aussi de 10 tubes lance-torpilles de 533 mm.

Des techniques pour le rendre indétectable

Sur ce modèle, les ingénieurs ont cherché à améliorer la discrétion. Un sonar a été installé à l’avant de l’appareil, les tubes lance-torpilles ont été déplacés vers le centre de la coque, d’ailleurs fabriquée en acier faiblement magnétique et recouverte d’un revêtement en caoutchouc destiné à réduire sa signature acoustique.

Plusieurs médias russes indiquent que le sous-marin bénéficie en outre de « systèmes électroniques modernisés » et de « composants désormais produits en Russie ». Avec le Murmansk, Moscou espère faire trembler ses rivaux sous la surface.