Par
Valentin Mauduit
Publié le
25 juin 2026 à 14h36
C’est déjà la troisième visite de Marie Patouillet dans les ateliers des Manufactures du Château à Nogent-le-Rotrou (Eure-et-Loir) !
Vendredi 19 juin 2026, l’ancienne cycliste professionnelle, médaillée d’or aux Jeux paralympiques de Paris en 2024, était présente pour une occasion particulière…
Après une aventure extraordinaire en Espagne lors de la Desertus Bikus (aventure ultra-cyclisme), la trentenaire venait présenter un documentaire sur son aventure… et surtout entretenir le lien créé avec les salariés de MDC !
Une traversée… du désert après les JO
Pour cette occasion, l’atelier était transformé en une petite salle de cinéma ! Les machines ne tournaient plus, et les salariés étaient focus sur l’écran qui diffusait un documentaire.
« Je pense que si je devais vous décrire cette aventure avec mes mots, je ne pourrais pas le faire aussi bien que ce petit film. Vous allez pouvoir vivre ce que j’ai traversé pendant quatre jours », déclare Marie à l’assemblée.
Sa carrière au haut-niveau terminée après les JO, et un magnifique titre paralympique, Marie a complètement coupé.
Je ne suis jamais remontée sur un vélo de piste depuis mon titre, et j’ai mis dix mois à remonter sur un vélo.
Marie Patouillet, en visite à Nogent-le-Rotrou
Sommeil, alimentation, bagages…
Puis, elle s’est tournée vers l’ultra-cyclisme. Des épreuves à (très) longue distance ! Sa première aventure en vue, la Desertus Bikus, une traversée de l’Espagne, du nord au sud. Un parcours de 1 400 kilomètres semé d’embûches…
Une aventure durant laquelle le personnel de MDC s’est montré très solidaire. « Ils suivaient le tracker, s’inquiétaient pourquoi parfois ça n’avançait plus », s’amuse Eric Darreau, le directeur de site de l’entreprise.
« Ça, c’est parce que je dormais (rires). J’ai été une des participantes qui a le plus dormi durant la traversée. J’en avais vraiment besoin. Le sommeil, quand on est sportive de haut niveau, tout est calculé. Là, c’était très compliqué cette privation ! » rétorque Marie.
On la voit alors sur le grand écran qui diffuse le documentaire… Assise sur son vélo, elle mouline à travers les paysages. Sa lumière fend aussi la nuit sur les routes espagnoles.
À travers ce documentaire, je redécouvre des paysages que je n’ai pas vus car je les traversais de nuit.
Marie Patouillet, championne paralympique
Après le visionnage, curieux, les salariés avaient des questions pour la championne paralympique. « On voit des participants qui ont crevé, ç’a été ton cas ? » Réponse de l’intéressée : « je n’ai crevé qu’une fois, c’était à 5 km de l’arrivée, et j’étais tellement fatiguée que j’ai pris le parti de terminer à plat. »
« Il n’y a que les frites qui passaient »
Son métier de médecin l’a également rattrapée durant l’épreuve… À la question si une assistance existait sur la course : « J’ai dû assister un concurrent qui était en plein malaise. Je suis restée dormir avec lui… L’assistance, c’est entre nous ! »

Marie Patouillet et les salariés lors du visionnage du documentaire sur la Desertus Bikus. ©Valentin MAUDUIT
Un autre salarié s’interroge sur les bagages emportés sur le vélo.
« J’en avais emmené beaucoup trop ! Cela fait partie des choses que je vais changer à l’avenir. J’avais toute ma sacoche arrière remplie d’objets dont j’aurais pu me passer. Alors, au bout d’un moment, j’ai étalé sur un banc tout mon superflu et je l’ai laissé sur place. J’espère que ç’a pu aider quelqu’un ! Pour moi, c’était un poids mental en moins. »
La question de la nourriture est également revenue dans la bouche des salariés. La réponse de Marie ne va pas plaire aux nutritionnistes.
À la fin, il n’y avait plus que des frites qui passaient. Je m’étais entraînée à manger des gels, des barres, mais au bout d’un moment, mon corps saturait, il n’en voulait plus.
Marie Patouillet
Cette amitié, ce n’est pas du flan…
À la fin de l’entrevue, les MDC ont offert un petit cadeau « clin d’œil » à Marie. Dans la boîte, deux parts de flan avec une petite inscription « Merci Marie ».
Touchée, elle réplique : « elle est vraiment trop sympa cette attention. J’avais dit que lors de sorties vélo, le flan, c’est la pâtisserie qui passe le mieux, et que je m’arrêtais souvent en acheter. Et vous avez retenu ! »
Marie et MDC, c’est une histoire qui a commencé à s’écrire en fin d’année 2025. Son parcours, son histoire et sa personnalité sont tant d’atouts qui ont permis de nouer ce partenariat. « L’intérêt, c’est uniquement l’aventure humaine », lance le chef d’entreprise.
Une promesse avant de partir
Il poursuit : « Marie est déjà venue avec sa médaille d’or, c’est juste hallucinant de pouvoir proposer aux salariés de toucher une médaille des Jeux paralympiques de Paris ».
C’est aussi un beau clin d’œil à l’entreprise adaptée au sein de MDC. « Nous avons seize salariés en situation de handicap dans nos effectifs », appuie Eric Darreau. Touchée par une malformation de la jambe, Marie prouve aux salariés que, malgré le handicap, on peut accomplir de grandes choses.
La sportive retraitée est repartie en lançant une promesse : « ce serait bien qu’on aille rouler ensemble un jour, faire une sortie à vélo… »
Avant de relancer le sujet, une dizaine de minutes plus tard, « ce n’est pas une parole en l’air, ça me ferait vraiment plaisir ». Elle avance également l’idée d’une prochaine course ultra en binôme…
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