Par
Clément Mazella
Publié le
24 juin 2026 à 13h11
« Ce qui devait être une fête tourne à la galère ». Frédéric Aüllo n’est pas en colère. Le président du Racing Club Saudrune (Fédérale 3) est plutôt « dans l’incompréhension ». Pour lui, la gestion de crise de la FFR face à la canicule qui sévit actuellement en France est un échec. Il n’est pas le seul à penser ainsi. En effet, entre changement de lieu et d’heure au dernier moment, puis report plus que tardif de certains matchs, des clubs n’ont pas joué leur rencontre de phase finale la semaine dernière. Effectuant leur trajet en bus pour rien. Au final, des frais inutiles, et qui auront des conséquences sur les finances des clubs.
830 kilomètres pour rien pour le Racing Club Saudrune
Qualifié en demi-finale du championnat de France de Fédérale 3, le Racing Club Saudrune (Haute-Garonne) avait vu sa rencontre programmée à Saint-Junien (Haute-Vienne) le dimanche 21 juin (15h) pour affronter Paris 15.
Frédéric Aüllo et les dirigeants font alors le nécessaire en termes logistique. Le départ est prévu le samedi, un centre d’hébergement est réservé à Limoges. « On a mis les petits plats dans les grands », dit le coprésident, avec une certaine fierté, auprès d’Actu Rugby. « Une demi-finale, on n’y va pas tous les ans. Et nous sommes un jeune club, même pas 30 ans ».
Mais voilà, la France est frappée par une grosse vague de chaleur. Et chaque jour a apporté son lot de rebondissements. Le vendredi matin, la FFR décide de décaler les coups d’envoi de 15h à 17h30. « Cela a un impact sur notre programme », souffle le coprésident du RCS. « Mais je ne vois pas l’intérêt. Les températures baissent de 8 à 10° en débutant à 17h30 ? C’est souvent le moment où il fait le plus chaud. Mais voilà, c’est la mesure de la FFR ».
Vendredi, toujours, la municipalité de Saint-Junien, face à l’alerte rouge annoncée, prend un arrêté municipal annulant tous les événements sportifs. « Le vendredi après-midi, nous ne savions pas où nous allions jouer », avoue le dirigeant haut-garonnais.
« Finalement, la FFR trouve en catastrophe Ruffec, terrain d’un club de Régionale 3, en Charente nord. Mais c’est à plus de 100 bornes de là où nous avions décidé de nous établir ».
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Bref, le Racing Club Saudrune décide de rester sur son plan initial. Le bus avec joueurs et dirigeants part le samedi après-midi. Et là, l’apothéose. « Quand on s’est garé sur le parking de centre d’hébergement, vers 18h30, on apprend que le match est reporté ».
Les joueurs sortent les boules de pétanque et les bières ; les dirigeants, eux, décident d’honorer leur réservation, devant respecter également le temps de repos du chauffeur de bus. Pas de demi-finale. Et donc 830 kilomètres de trajet pour rien…
« Qui va rembourser nos joueurs et notre club pour ces frais engagés ? »
Une mésaventure qu’a également connue le club de Lézat-sur-Lèze (Ariège), prévenu lui aussi le samedi soir de l’annulation de sa demi-finale du championnat de France de Régionale 2, après avoir effectué près de 400 kilomètres en bus.
« Nous sommes indignés et surtout attristés d’une telle décision », lâche Jonathan Rives
Vice-Président US Lezadoise, en s’adressant notamment dans un post Facebook au président de la FFR Florian Grill.
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L’indignation ne concerne pas les mesures prises par la FFR par rapport à la canicule – plutôt logiques, même – mais sur ces décisions plus que tardives alors que le phénomène de chaleur était évoqué depuis plusieurs jours déjà. Sans oublier un très gros questionnement sur des frais dépensés de manière inutile.
« Qui va rembourser nos joueurs et notre club pour ces frais engagés ? […] Je ne vous cache pas notre désarroi », peste Jonathan Rives.
« J’ai entendu que la FFR allait nous aider à hauteur de 3000 euros. C’est un début. Mais quand les aura-t-on ? C’est maintenant que le club en a besoin, pas à Noël », indique auprès d’Actu Rugby Frédéric Aüllo. « Nous, on en a pour 10000 euros, par le plus petit bout. C’est très, très lourd », appuie le coprésident du Racing Club Saudrune.
D’autant plus que le club haut-garonnais, comme son homologue ariégeois, va devoir rééditer son périple ce week-end pour disputer sa demi-finale. « Et si on se qualifie, on aura 2 matchs et 3 déplacements dans les pattes, alors que l’adversaire aura eu un week-end de repos. Sympa l’équité… ».
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