Au-delà de la cuisine fusion, mettre à l’honneur des personnes. Cette semaine, des réfugiés cuisinent des plats de leur pays d’origine, avec un twist marseillais. Mardi, la Nigériane Iziegbe Enofe a fait découvrir le moi-moi aux clients du Zinzin (7e). Cette feuille de banane plantain farcie d’une pâte de haricot rouge typique de ce pays d’Afrique de l’Ouest était servie avec une ratatouille. La soupe egusi était confectionnée avec des légumes locaux. L’egusi, sorte de graine de lin au goût particulier, a été rapportée du pays par des connaissances de la cheffe d’un jour.
Alix Hardy, cuisinière et co-porteuse du Refugee food festival de Marseille, était en cuisine avec Iziegbe Enofe. « La difficulté était en amont, témoigne la jeune femme. Cuisiner des ingrédients qu’on ne connaissait pas, c’était un challenge. » La mayonnaise (au piment) a pris, à en croire les clients. Aymen se définit comme un « foodie ». Il a adoré « l’association de chaud et de froid de la soupe ». Son amie Loeise, originaire du Ghana, où la soupe nigériane est aussi cuisinée, était ravie : « C’est la première fois que je mange une ‘vraie’ soupe egusi en France ou à Londres où je réside. »
Le festival fête ses 10 ans
Depuis 10 ans, le Refugee food festival permet aux Marseillais de découvrir des saveurs nouvelles, mais surtout de se rassembler autour d’un bon repas. Samedi, concerts et animations permettront de célébrer cet anniversaire en partenariat avec SOS Méditerranée, avant de savourer un dîner marseillo-afghan. Certains réfugiés mis à l’honneur lors des éditions précédentes ont dorénavant leur restaurant : Nasma (2e), Rimal (1er), Miss cakes (6e). C’est le rêve d’Iziegbe Enofe, qui suit une formation en cuisine.
La jeune femme de 33 ans a dû se réfugier en France pour être sûre que sa fille Miracle ne subisse pas de mutilation génitale. Derrière chaque cuisinier d’un jour, il y a un parcours de vie. C’est aussi ça que le festival entend mettre en avant. Outre le repas, les convives sont invités à lire une gazette déposée sur les tables. Elle s’ouvre sur l’histoire d’Abdalkarim Abualeinein, le réfugié palestinien qui a ouvert le Rimal. À Gaza, il était journaliste. Dorénavant, il est cuisinier.
Au programme :
Vendredi 26 : Déjeuner et dîner philippin à l’îlot central, 95 rue Consolat (1er)
Samedi 27 : 16h-19h30 : après-midi guinguette gratuite à la Cômerie, 176 rue Breteuil (6e). Concert de La Clara Sofia, animations et exposition sont au programme.
19h30-22h : dîner « marseillo-afghan » sur réservation et à 25 euros à la Cômerie, suivi par un DJ set de Charles FM d’Espagne.
Pour plus de détails, consulter le programme sur festival.refugee-food.org/marseille