Points clés à retenir sur Vendefoul Wolf
- Vendefoul Wolf est une distribution Linux aux accents rétro.
- Elle intègre SysVinit et XLibre, ainsi qu’une liste d’applications réduite au strict minimum.
- Vendefoul Wolf peut être téléchargé et installé gratuitement.
Depuis ses débuts, Linux n’a jamais suivi les règles établies. Au fil des ans, certaines distributions ont poussé cette idéologie encore plus loin et se sont démarquées de ce que faisaient les autres.
C’est notamment le cas lorsque systemd est devenu le système d’initialisation de facto pour Linux. Ce changement a irrité de nombreux développeurs, qui ont alors créé des distributions alternatives utilisant un autre système. Même le système de fenêtrage a connu une petite rébellion lorsqu’il est devenu évident que Wayland était l’avenir. En d’autres termes, il existait des alternatives aux alternatives.
C’est exactement le cas de Vendefoul Wolf. Non seulement son nom est différent, mais cette distribution suit sa propre voie.
Vendefoul Wolf est basée sur Devuan, qui est un fork de Debian. Considérez ce système comme une version allégée de Debian.
En quoi Vendefoul Wolf est-elle différente ?
Tout d’abord, cette distribution délaisse systemd au profit de SysVinit. La principale différence entre ces deux systèmes réside dans le fait que SysVinit utilise par défaut un modèle d’exécution séquentielle pour le démarrage des services, basé sur les niveaux d’exécution, tandis que SystemD opte pour un démarrage parallèle des services et gère chacun d’entre eux via des fichiers d’unité.
La plupart des observateurs considèrent que systemd constitue une amélioration considérable par rapport à SysVinit, car il est plus facile à gérer et plus rapide. L’attrait de SysVinit réside quant à lui dans sa simplicité. SysVinit est également nettement plus ancien que systemd, ses origines remontant aux années 1980.
Une autre différence majeure concerne le serveur X. Vendefoul Wolf est la première distribution à utiliser par défaut le serveur graphique XLibre. XLibre est un serveur d’affichage pour X11 géré par la communauté. L’objectif d’XLibre est de maintenir X en activité tout en l’améliorant et en le rendant à l’épreuve du temps.
Ces deux différences suffisent à elles seules à distinguer Vendefoul Wolf Linux de la plupart des distributions. Vendefoul met également l’accent sur la confidentialité : il n’y a donc pas de télémétrie, et LibreWolf, un navigateur web hautement sécurisé, est le navigateur web par défaut.
Mon expérience avec Vendefoul Wolf
Tout commence par l’installation. J’ai téléchargé la version SonicDE (un projet visant à assurer la compatibilité de KDE Plasma avec X11) de la distribution, mais l’installation échouait systématiquement. Après plusieurs tentatives, j’ai décidé d’essayer la version Budgie. J’ai toujours été fan de Budgie, je me suis donc dit : « Pourquoi pas ? »
Heureusement, la version Budgie de Vendefoul s’est installée sans le moindre accroc. J’ai toutefois constaté que la version Budgie ne comprenait pas tous les éléments répertoriés sur le site web. Par exemple, il n’y avait ni KeePassXC, ni l’outil de nettoyage du cache, ni l’outil de modification de l’init.
Budgie fonctionne à la vitesse de l’éclair sur Vendefoul Wolf. Capture d’écran réalisée par Jack Wallen/ZDNET
J’ai découvert le gestionnaire de noyau, Aconita. Le noyau par défaut fourni avec Vendefoul Wolf est le 6.18.2-vendefoul. Grâce au gestionnaire de noyaux, j’ai pu installer facilement le noyau 7.1.1-vendefoul.
Vendefoul Wolf est livré avec une liste de logiciels très réduite
J’apprécie toujours un gestionnaire de noyaux avec interface graphique, car cela me permet de prendre les commandes de la base même d’une distribution.
J’adore un bon gestionnaire de noyau. Capture d’écran par Jack Wallen/ZDNET
Vendefoul Wolf est livré avec une liste de logiciels très réduite. Il n’y a ni LibreOffice, ni client de messagerie, ni boutique d’applications moderne (on dispose de Synaptic sur la version Budgie).
Une autre particularité est l’absence de gestionnaire de paquets universel (tel que Flatpak). Curieusement, la commande flatpak-config existe, mais pas Flatpak lui-même. J’ai installé Flatpak via Synaptic, ce qui a rendu le processus assez simple.
Synaptic est peut-être un peu vieillot, mais ça marche. Capture d’écran par Jack Wallen/ZDNET
Le bureau Budgie peut être magnifique, mais sur Vendefoul
J’ai également été un peu déçu par l’aspect esthétique. Le bureau Budgie peut être magnifique, mais sur Vendefoul, il est plutôt banal. Et (bien sûr), le thème sombre était activé par défaut.
Je ne comprends pas pourquoi tant de distributions préfèrent les thèmes sombres, mais heureusement, Budgie permet de passer facilement à un thème plus clair.
Malheureusement, il semble bien que le Budgie d’aujourd’hui ne soit plus tout à fait celui d’hier. Par exemple, si vous passez le panneau en mode dock, vous obtenez des coins carrés (comme sous Xfce). Pour obtenir des coins arrondis, il faut modifier les règles CSS.
Un formidable retour aux sources du Linux à l’ancienne
J’ai toutefois beaucoup apprécié mon expérience avec Vendefoul Wolf. Bien que je préfère SystemD et Wayland, j’ai trouvé que cette distribution fonctionnait très bien. Elle démarre rapidement (surtout avec le noyau 7.1.1), les applications s’ouvrent presque instantanément et elle semble assez stable.
Au final, j’ai trouvé que Vendefoul Wolf était un formidable retour aux sources du Linux à l’ancienne.
Me rappelant souvent mes débuts avec ce système d’exploitation open source, j’ai souvent souri en utilisant cette distribution.
À qui s’adresse Vendefoul Wolf ?
Pour faire simple, Vendefoul Wolf s’adresse aux personnes qui ne cherchent pas à suivre les tendances et qui veulent une distribution Linux rapide, légère et stable.
Si cela ne vous dérange pas d’apprendre à utiliser un nouveau serveur de fenêtrisation et un nouveau système d’initialisation, Vendefoul Wolf devrait vous plaire.
Si vous avez un vieil ordinateur qui traîne et que vous souhaitez lui donner une nouvelle vie, vous ne pouvez pas vous tromper avec Vendefoul Wolf.


