Les Illois ont vécu un moment particulier, avec la visite aux flambeaux de l’église Saint-Étienne et de la chapelle du saint sacrement.
Dans le compte à rebours signifié par le temps, il est bon parfois de s’arrêter sur les liens qui nous unissent à l’histoire, au patrimoine. C’est ce temps de pause que proposait mercredi 24 juin, la municipalité et l’Association pour la mise en valeur de l’église Saint-Étienne et de l’orgue, au travers d’une d’une visite guidée au flambeau du retable de la chapelle du saint sacrement de l’église Saint-Étienne, en présence du maire Alain Fabresse, qui a lancé avec conviction la visite, commentée par Alain Sanchez, guide conférencier et adjoint de conservation du patrimoine, qui a emmené le public dans les replis de l’histoire. Un voyage quasi initiatique.
Au cœur d’une journée à l’haleine brûlante, le public a pu apprécier dans le clair-obscur de l’église, une fraîcheur apaisante. Mais encore la beauté et la finesse du retable du saint sacrement (1759) dû au talent des sculpteurs Joseph Cantayre et Joseph Navarre, avec en son centre, au-dessus d’un magnifique tabernacle, le Christ ressuscité, entouré à gauche de saint Jean-Baptiste et à droite de saint Jean l’Évangéliste. Un retable sculpté et doré sur bois dans toute sa magnificence, de pur style baroque. Ce retable est placé sous la responsabilité de la famille d’Éstève de Bosch, dont le descendant Pierre Lemaître vient de décéder, ce que ne manquait pas de souligner Alain Fabresse : « Pierre Lemaître est parti le jour de la Saint-Jean et quelque part aujourd’hui je lui parle. Il tenait à dire deux mots par rapport au retable », avant d’inviter les participants à observer une minute de recueillement.
Une fin de journée particulière : » C’est la continuité du solstice d’été avec saint Jean-Baptiste et saint Jean l’Évangéliste. Ils représentent l’iconographie catholique, pour l’été saint Jean-Baptiste et pour l’hiver saint Jean l’Évangeliste. Et ça arrive du fin fond du paganisme grec, puisqu’il y avait un visage, un dieu grec, qui s’appelait Janus, qui est symbolisé par une tête à deux visages, l’un qui regarde le passé l’autre qui regarde l’avenir […] C’est une cérémonie du solstice d’été ; c’est la lumière qui est évoquée, la lumière flamboyante qui anime le cœur, l’esprit et l’humain et qui est fêtée partout sur la planète ». L’occasion aussi d’instiller un concept de patrimoine. « Un patrimoine qu’il faut promouvoir et reconnaître absolument, que ce soit le patrimoine matériel ou immatériel ».