En 2024, la commune de Martel avait adhéré à « Des pages jaunes et bleues » pour faire connaître la littérature ukrainienne. La médiathèque organisait donc le 12 juin, une table ronde intitulée « Ukraine, la culture dans la guerre ». Elsa Hérault, bibliothécaire de Martel, et Madeleine Cayre, bénévole à la médiathèque, ont animé le débat. Les invités étaient la journaliste Sarah-Lou Lepers, les historiens Laurent Wirth et Wladimir Berelowitch, et Irina Dmytrychin, traductrice et spécialiste de la littérature ukrainienne. Wladimir Berelowitch débutait cette table ronde par l’histoire de l’Ukraine jusqu’à son indépendance et le déclenchement de la guerre. Avec Irina Dmytrychyn, il abordait ensuite la question des langues, constatant le recul du russe au profit de l’ukrainien, tandis que Laurent Wirth répondait sur les liens avec l’Europe. Sarah-Lou Lepers témoignait par son expérience partagée de l’immense difficulté des journalistes ukrainiens confrontés à la guerre. Le sujet des enfants et adolescents tués, blessés, exilés, privés d’enseignement, enlevés et déportés en Russie n’a pas été oublié.
Irina Dmytrychyn, spécialiste reconnue, a situé les racines de cette littérature et l’oppression historique subie. Elle a expliqué comment l’écriture ukrainienne s’adaptait à la guerre. Ce qui est remarquable, c’est l’extraordinaire créativité poétique des soldats. Irina Dmytrychyn, elle-même traductrice d’un grand nombre d’écrits, fait un parallèle avec la poésie née dans les tranchées de la Grande Guerre. Le public a été conquis par la qualité de ces échanges.