En juin 2023, l’ONG Transport et Environnement France publiait une étude classant le port de Marseille douzième port le plus pollué d’Europe. Une performance liée au fait qu’en 2022, les 75 bateaux de croisière qui y avaient accosté avaient émis deux fois plus d’oxyde de soufre que l’ensemble des 369 433 voitures immatriculées de la ville, précisait alors le rapport.

Et si les riverains du deuxième arrondissement de la cité phocéenne n’avaient pas tous conscience de ces chiffres, en février et décembre 2023, vingt-cinq particuliers ainsi que les associations Alternatiba 13 et Cap au Nord ont porté plainte contre X pour dénoncer la pollution atmosphérique et maritime générée par les activités du Grand port maritime de Marseille (GPMM). Trois ans plus tard, le parquet de Marseille a classé cette plainte sans suite.

Des quantités de gaz « considérables »

« La problématique de la qualité de l’air en région marseillaise est multifactorielle », pointe l’avis, citant notamment le trafic routier et les activités industrielles et urbaines. Pour autant, le procureur note que « les navires émettent indiscutablement des quantités considérables de gaz et des particules fines en raison de la qualité des combustibles qu’ils ont le droit d’utiliser ». Mais aussi considérables soient-elles, ces émissions restent dans la limite des seuils réglementaires.

Ainsi, le parquet renvoie-t-il au « choix sociétal entre la protection des populations par l’adaptation des normes environnementales et sanitaires visant à préserver la qualité de l’air et une volonté de préserver la compétitivité économique du commerce maritime et l’attractivité du GPMM ».

Une atteinte aux personnes et à l’environnement

Dénonçant un préjudice lié à la présence des navires ainsi qu’à l’usage de scrubbers dans la GPMM proche de leurs habitations, les plaignants estiment que cette affluence est « à l’origine d’atteintes à l’environnement, leur santé et leur qualité de vie ». La plainte visait ainsi une mise en danger de la vie d’autrui, des blessures involontaires mais aussi une pollution des eaux, des rejets en mer de substances nuisibles pour la faune et la flore marine et un délit d’écocide.

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