Un parent nous fait parvenir une photo : le thermostat de la chambre de son enfant malade affiche 28,5 degrés. Ce dimanche, il n’y avait pas un souffle d’air frais dans le service pédiatrie de l’hôpital La Timone à Marseille. La clim est en rade. Sans air conditionné, patients et soignants étouffent. « Nous sommes dans un secteur stérile où ce type de température est très mauvais pour les organismes. Cela peut entraîner le développement de bactéries et champignons », s’inquiète-t-il, confiné dans une chambre.
À un autre étage, une maman au chevet de sa petite fille de deux ans, atteinte d’une tumeur cérébrale, suffoque de colère : « Ce n’est pas humain. Dès que je me lève depuis ce matin, j’ai la tête qui tourne et le cœur qui palpite tellement il fait chaud. Léonie mange peu et ne bouge pas, elle n’est pas dans son état normal. La chimio associée à la chaleur, ça devient très compliqué. Nous sommes plusieurs parents à avoir envoyé des mails à la direction et à l’Agence régionale de santé », confie-t-elle.
En service de soins intensifs cardiologiques, la climatisation est aussi HS. Dès vendredi, le syndicat Force Ouvrière, majoritaire à l’Assistance Publique des Hôpitaux de Marseille (AP-HM), a alerté la direction générale et demandé le déplacement de patients.
« Autour de 30 degrés »
« Les températures sont très élevées, autour de 30 degrés. Nous avons immédiatement appelé à des mesures d’urgence. On nous répond que’c’est en cours’. Une fois de plus, on s’inquiète de l’impréparation. Au lieu d’anticiper et travailler sereinement, nous sommes en permanence dans la réaction, déplore Nicolas Sousse, délégué syndical FO à l’AP-HM. Nous sommes dans un hôpital, un centre hospitalier universitaire qui plus est avec une activité de recours régional, on se doit d’apporter les équipements à la hauteur des attentes. Pour bien prendre en charge les patients, il faut travailler dans des conditions qui le permettent. »
À l’extérieur du CHU, le mercure avoisine 35 degrés. Le pays entier fait face à un épisode caniculaire exceptionnel d’un niveau de sévérité supérieur à celui d’août 2003 qui avait entraîné 15 000 décès. En fonction de l’évolution de la situation, le syndicat FO saisira une instance exceptionnelle. De son côté, l’AP-HM confirme « des difficultés techniques ayant entraîné une hausse des températures dans certains secteurs ».
Les équipes techniques sont mobilisées depuis la nuit dernière et la panne a maintenant été identifiée : « L’un des groupes de la chaîne de production de froid, qui se déclenche progressivement pour augmenter la puissance en fonction des besoins, ne s’était pas mis en marche, nous précise-t-on. Il est désormais en fonctionnement et les températures vont revenir progressivement à la normale, le temps que le réseau retrouve son équilibre. Tout est mis en œuvre pour garantir la continuité des soins et un retour à la normale dans les meilleurs délais. »
L’AP-HM souligne que « si l’ensemble des services de soins est climatisé, une partie du patrimoine hospitalier est constituée de bâtiments anciens, plus sensibles aux épisodes de fortes chaleurs ». La semaine dernière, une difficulté similaire avait affecté le site de l’hôpital Nord. L’incident avait pu être « rapidement résolu grâce à la mobilisation des équipes techniques ».