Suite à l’exigence de Washington de restreindre l’accès à deux modèles d’intelligence artificielle d’Anthropic, le secrétaire d’État autrichien à la Numérisation, Alexander Pröll, a interpellé Henna Virkkunen, la commissaire européenne aux Technologies.

Dans sa note, il propose une stratégie de séduction industrielle pour inciter la pépite de l’IA à transférer une partie de ses activités en Europe.

« Explorons conjointement l’établissement stratégique et la participation d’Anthropic au sein de l’Union européenne. Avec une sécurité juridique, un accès au marché, du capital et un ensemble de valeurs qui conviennent à cette entreprise », a écrit Alexander Proell, selon Reuters.

Une nouvelle doctrine de souveraineté

Cette initiative intervient alors que la Commission européenne a présenté de nouvelles propositions législatives visant à accélérer l’autonomie du secteur, notamment à travers le Cloud and AI Development Act (CADA). Ce framework cherche à tripler les capacités des centres de données européens et à réduire la dépendance envers la Big Tech américaine.

Pour convaincre Anthropic, l’Autriche estime que l’UE doit aligner des arguments tangibles :

  • La sécurité juridique : Un cadre stable conforme à l’AI Act permettant de planifier les investissements à long terme
  • L’accès au marché unique : Un levier d’adoption massif pour rentabiliser le déploiement de nouvelles infrastructures de calcul
  • L’injection de capitaux : Un soutien financier public-privé pour ancrer durablement la technologie dans le tissu économique européen

Utopie ?

Un hébergement d’Anthropic au sein des frontières de l’UE résoudrait peut être des frictions géopolitiques tout en garantissant la conformité avec le RGPD.

Bien que conscient du scepticisme qui entoure la faisabilité opérationnelle d’un tel rapatriement industriel, Alexander Pröll insiste sur la nécessité pour l’Europe de reprendre la main sur son destin numérique :

« La vraie question n’est pas de savoir si c’est facile. La question est de savoir si nous, Européens, sommes prêts à être les architectes de notre avenir technologique, ou si nous souhaitons rester de simples administrateurs de décisions prises ailleurs », écrit Alexander Proell.