Les Anglais appellent cela serendipity, francisé en « sérendipité », c’est l’art de découvrir par hasard ce que l’on ne cherchait pas tout à fait. Le terme est prisé par les scientifiques, moins par les policiers, qui pourtant trouvent, eux aussi, parfois, en cherchant autre chose.
Et ce soir du mercredi 24 juin, vers 22h30, dans le 15e arrondissement de Marseille, les policiers du Groupe de sécurité de proximité (GSP) de la division Nord cherchent un homme. Ils arpentent le chemin du Littoral après qu’un appel au 17 a signalé des violences conjugales commises sur la voie publique.
En remontant l’artère à la Calade, la patrouille repère une silhouette d’autant plus suspecte qu’elle se dissimule dans un bosquet à la vue de la voiture de police. Dans la foulée, l’homme prend la fuite en direction d’un véhicule dont le moteur tourne déjà. L’équipage bloque aussitôt la Citroën C3 pour le contrôler et s’attend à découvrir le compagnon violent qu’il recherchait. Mais en se penchant, les policiers comprennent que ce n’est pas lui.
Une livraison pour Avignon
En revanche, l’habitacle empeste le cannabis. Questionné sur l’insistant parfum, l’automobiliste ne fait pas longtemps mystère de la source : il transporte deux larges sacs de résine de cannabis dans son coffre. Et pas qu’un peu. Lors de la perquisition du véhicule, les fonctionnaires découvrent quelque 59 kilos de shit, en « savonnettes » étiquetées et décorées, notamment de papillons.
Placé en garde à vue, le jeune homme âgé de 27 ans et venu de Roquevaire aurait en fait eu pour mission de convier la drogue jusqu’à Avignon. Confié aux enquêteurs de l’Office antistupéfiants (Ofast), le ravitailleur, déjà connu pour des faits de vol ou encore d’infraction à la législation sur les stupéfiants, a depuis été déféré et présenté en comparution immédiate. Il a été condamné à trois ans de prison par le tribunal correctionnel de Marseille et incarcéré.