Des protections solaires, une ventilation nocturne et double flux, des toitures rénovées avec des teintes claires pour favoriser la réflexion solaire et limiter la transmission de chaleur dans les locaux. Au moins deux projets de construction abordés lors du conseil municipal de Rennes, lundi 29 juin 2026, ont présenté des dispositifs spécifiques pour faire face aux enjeux de canicule et de réchauffement climatique : la restructuration et de l’extension du groupe scolaire Colombier, et la rénovation et extension de locaux du complexe sportif Robert-Launay.

Sans surprise, l’épisode de canicule et ses conséquences sur le quotidien des Rennais ont marqué les interventions entre les différents groupes politiques lors du conseil.

Nous nous sommes adaptés du mieux possible et le territoire a tenu, assure la maire de Rennes, Nathalie Appéré. Mais tout n’a pas été parfait. Le temps du bilan sera indispensable. Il nous faut aller plus vite, plus loin. Et de reconnaître que les organismes et organisations ont été mis à rude épreuve.

» Nos conceptions d’aménagement doivent évoluer »

La maire de Rennes défend cependant la stratégie climat robuste de sa majorité, quand certains découvrent depuis seulement une semaine le réchauffement climatique. Et de rappeler que près de 50 équipements publics municipaux ont été rénovés au cours du précédent mandat et que près de 500 millions d’euros ont été mis sur la table.

C’est indéniable, le changement climatique est là. Nos conceptions d’aménagement, parfois très anciennes, doivent évoluer pour que notre ville demeure vivable pour nous et nos enfants, souligne Raymond Paulet (groupe socialiste et radical), saluant notamment certaines décisions pragmatiques prises par la ville de Rennes, comme le report de la grande braderie. Pour Matthieu Groseil (groupe Génération(s)), apprenons de cette semaine pour continuer à améliorer nos pratiques.

« La soi-disant écologie punitive »

Au niveau national, mais bien sûr également dans ce conseil municipal, combien de fois avons-nous entendu ici conspuer la soi-disant écologie punitive, a lancé Gaëlle Rougier, cheffe de file des Écologistes, très remontée. Aux collègues de l’opposition qui ont répété cette absurdité avec constance depuis des années, j’aimerais demander : où est la punition aujourd’hui ? Dans le fait de devoir changer parfois ses habitudes, laisser la voiture, prendre les transports en commun, faire de la place aux arbres, à la fraîcheur, pour adapter la ville et réduire nos émissions de gaz à effets de serre, ou mourir de chaud ? Et Gaëlle Rougier d’insister, en assurant que les leçons en la matière ne seront pas appréciées de la même façon selon leur origine politique.

En l’occurrence, ce lundi 29 juin, les leçons ne sont pas venues du centre ou de la droite mais du flanc gauche de l’opposition. Reconnaissez l’impréparation de la ville de Rennes pour faire face à cette situation ! Malgré nos alertes, des classes surchauffées sont restées ouvertes. Il n’y a eu aucune mesure à la hauteur pour les sans-abri, aucun aménagement d’horaires du réseau de transport Star, pas de gratuité non plus, fustige le conseiller municipal Louis Amiot pour le groupe municipal de la France insoumise. Il n’y a même pas eu de suspension de tontes des espaces verts. Notre ville n’a pas été pensée à l’évolution climatique ! Et de demander aussi la mise en place d’une commission spéciale canicule ainsi que la création d’un réseau de refuges climatiques à Rennes.