« C’est de l’art décoratif, mais qui invite à orienter notre regard. » Ses toiles sont souvent colorées, presque gaies. Et pourtant, leur lecture laisse souvent apparaître un message plus sérieux parfois grave. C’est le cas de Lupino 1964 qui raconte, sous des dehors verdoyants, l’histoire de jardins qui disparaissent et de populations déplacées. Ou du bien moins lumineux Gaza, qui dit, en quelques traits horizontaux et verticaux, la tragédie d’un peuple livré à la guerre. Comme chacun des dix peintres et plasticiens exposés à la galerie Noir et Blanc à Bastia depuis ce vendredi 26 juin, André Casabianca a un propos. « L’idée, c’est toujours d’essayer de dépasser la seule dimension décorative pour donner aux œuvres un sens politique », confie-t-il.

Des livres d’art qui ont dormi trop longtemps

Et si tous les artistes présents ne s’inscrivent pas dans la même démarche artistique, tous ont une approche bien à eux. Comme Françoise Fernandez qui, avec sa série Antifragile, explore la question philosophique de la quête de soi dans des toiles abstraites à la tonalité sombre. Comme Élisabeth Carli, qui expose une remarquable série d’aquarelles aux accents surréalistes et aux couleurs acidulées. Ou comme Fabrice Gilod qui a choisi de rendre hommage aux femmes dans une série de petits tableaux délicats riches de références aux grands portraits de l’histoire de la peinture.

Une démarche originale qui fait écho aux surprenants travaux de collage et découpage présentés par la Suissesse Nicole Simon-Seramondi. « Elle a découvert que ses livres d’art dormaient depuis trop longtemps dans sa bibliothèque et a décidé qu’il était temps de les faire sortir de leur sommeil, explique France-Anne Van Peteghem, la responsable de la galerie Noir et Blanc. Elle s’en est emparée, les a découpés pour proposer une série d’œuvres intéressantes. »

L’exposition est à découvrir jusqu’au 19 juillet.