La destruction de plusieurs cibles militaires et logistiques dans le détroit de Kertch fragilise le dispositif de protection du pont de Crimée qui le traverse, estime un nouveau rapport du ministère britannique de la Défense, relayé lundi 29 juin par le site Defense Express. Londres affirme que cette campagne ukrainienne en Crimée « ouvre la voie à de nouvelles attaques contre ce double pont », alors que les défenses aériennes russes, régulièrement visées, montrent des signes d’usure.

Ce mois de juin a particulièrement mis sous pression les occupants de la région. Dans la nuit du 20 juin, Kiev a méthodiquement détruit tout ce qui fournissait des approvisionnements à ses ennemis : des systèmes de défense, des dépôts de carburant, mais aussi trois ferries qui assuraient le voyage entre la péninsule de Kertch et celle de Taman, en Russie.

Déjà tendue, la situation s’aggrave

Pour les services de renseignement britanniques, « l’ampleur des frappes ukrainiennes dégrade également les défenses aériennes russes, même dans des zones prioritaires bien protégées comme le détroit de Kertch ». Ces attaques régulières portent un coup à l’un des ouvrages les plus fortifiés de la Russie, et l’un de ses sites les plus importants. « Une cible stratégique et politiquement sensible, puisqu’inauguré par le président Poutine », souligne encore le document anglais.

En conséquence, une pénurie de carburant généralisée s’est installée dans ces territoires et les files d’attente aux points de passage s’étendent désormais sur des kilomètres. Depuis la vaste offensive menée par l’armée ukrainienne contre le pont de Crimée en 2022, des règles de sécurité ont été mises en place. Les camions de marchandises n’ont plus le droit d’emprunter le pont, aujourd’hui réservé aux voitures, bus et à certains types de trains. Ils peuvent seulement prendre les ferries. Leur destruction perturbe donc davantage les livraisons militaires que des dommages infligés directement au pont.

Plus de ferries disponibles ?

Le renseignement britannique rappelle également que deux autres ferries avaient déjà été touchés en mars et en avril 2024. Ces deux navires sont « très probablement » toujours en réparation, précise-t-il. Ce qui fait que Russie a « pratiquement » perdu l’ensemble de sa flotte de ferries sur cette liaison essentielle.

Bien au-delà de l’impact militaire, ces opérations pèsent aussi sur la population qui vit dans la péninsule. D’après plusieurs sources ukrainiennes, des habitants, des touristes russes, mais aussi des membres de la flotte de la mer Noire et des représentants de l’administration d’occupation quittent « progressivement » la Crimée face aux explosions répétées.