La mesure fait partie d’un projet de loi sur l’immigration et l’asile introduite ce mardi au Parlement. Au Royaume-Uni, les personnes ayant le statut de réfugié et percevant des revenus suffisants vont devoir rembourser jusqu’à 10.000 livres (environ 11.600 euros) pour contribuer au coût de leur hébergement et de l’allocation versée pendant la procédure d’asile, a annoncé le gouvernement travailliste. Il s’agit là d’un durcissement des règles au moment où le parti anti-immigration Reform UK est en tête des sondages nationaux.
« Le coût de l’hébergement des demandeurs d’asile est trop élevé pour le contribuable britannique », a déclaré la ministre de l’Intérieur, Shabana Mahmood. Selon son ministère, le coût de l’hébergement et des aides allouées aux demandeurs d’asile s’élevait l’année dernière à 4 milliards de livres (4,6 milliards d’euros). Le gouvernement travailliste indique avoir déjà réduit ce coût de près d’un milliard de livres depuis son arrivée au pouvoir en juillet 2024, notamment en transférant des demandeurs d’asile logés dans des hôtels vers des hébergements situés sur d’anciens sites militaires.
« Un droit mais aussi une responsabilité »
« Mais il est également juste que nous demandions à ceux qui en ont les moyens de contribuer, a estimé Shabana Mahmood. Bénéficier d’une aide en tant que demandeur d’asile est un droit, mais c’est aussi une responsabilité. » Le remboursement sera dû chaque mois par les demandeurs d’asile ayant obtenu le statut de réfugié et dont les revenus sont au-dessus d’un certain seuil, à déterminer. Ils devront avoir remboursé avant de pouvoir avoir la résidence permanente et la nationalité britannique.
Selon Madeleine Sumption, directrice de l’Observatoire des migrations de l’université d’Oxford, « l’impact de cette mesure sur les finances publiques devrait être relativement faible, puisqu’elle est soumise à des conditions de ressources et concerne une population aux revenus très modestes ». Le nombre de demandeurs d’asile au Royaume-Uni a chuté de 12 % entre avril 2025 et mars 2026 par rapport à la même période l’année précédente, à 94.000 personnes, selon des données du Home Office publiées en mai.