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Le rugby féminin s’est construit dans l’ombre des interdits. À 79 ans, Odette Desprats incarne cette conquête patiente, de la clandestinité des années 1970 au premier match international disputé en 1982. Rencontre à Lectoure…

À 79 ans, Odette Desprats n’a rien perdu de sa ferveur pour le rugby. Ancienne joueuse internationale et six fois championne de France, elle consacre ses week-ends aux terrains en tant que représentante fédérale, transmettant aux jeunes les valeurs de ce sport.

L’histoire d’Odette Desprats avec le rugby commence dans la résistance. Dans les années 1970, le rugby féminin est purement et simplement interdit : le délégué général aux Sports, le colonel Crespin, défend à tout club de parrainer une équipe féminine. Et pourtant, enseignante et joueuse de basket à Condom, elle appartient à une équipe qui remporte tous ses matchs cette année-là.

L’entraîneur, homme de conviction, a alors l’idée de constituer une équipe de rugby féminine en sollicitant les joueuses de basket, de handball et d’athlétisme. Un premier match est organisé contre Jégun, qui « accepte de jouer contre des filles ». Il est arbitré par l’ancien international Jean Le Droff, originaire d’Ordan-Larroque.

Le succès est immédiat. La pharmacienne de Jégun, Violette Fleury, propose alors à Odette Desprats de monter une véritable équipe.

Vingt ans de combat

Nous sommes en 1972. Un an plus tard, l’équipe est championne de France mais « on n’avait pas de vestiaires ». En 1982, après vingt ans de combat pour la reconnaissance du rugby féminin, Odette Desprats est là, aux Pays-Bas, aux côtés de sa compatriote gersoise Andrée Forestier, pour disputer le tout premier match international de rugby féminin de l’histoire de France.

C’est ce parcours hors normes qu’elle est venue partager lors de la Journée rugby du 18 juin, au lycée Maréchal-Lannes à Lectoure. Pour « donner aux jeunes, dit-elle, le goût et les valeurs de ce sport » qu’elle a dû conquérir de haute lutte.