
« Une surmortalité jusqu’à 5 jours après la canicule » : alertent les médecins
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La canicule est derrière nous, et pourtant, nos hôpitaux sont toujours sous l’eau. Les plans blancs sont toujours en cours dans des CHU en Bretagne et Pays-de-la-Loire (Nantes, Angers, Rennes, etc.) pour s’adapter à l’afflux de patients, car les effets de la chaleur mettent parfois plusieurs jours à se faire ressentir.
Le premier bilan de 1000 victimes de la canicule va donc considérablement augmenter. Les médecins en sont certains. Les fortes chaleurs entrainent des « défaillances d’organes » (reins, foie, coeur), explique Marion Lassalle Gérard généraliste à Vallet, présidente de la Communauté professionnelle territoriale de santé Sud Loire Vignoble : « les déshydratations peuvent avoir fragilisé le rein, favorisé des troubles neurologiques, ou un déséquilibre cardiaque.
« C’est comme courir un marathon pendant plusieurs jours »
Dans ce cas, on va avoir une augmentation de la fréquence cardiaque pour essayer de permettre la thermorégulation. On aura une augmentation du travail du cœur. Tout cela va induire une baisse de la tension, favoriser les arrhythmies, une surmortalité par infarctus, par AVC probablement en lien avec la concentration du sang suite à une déshydratation. Et puis, cette demande cardiaque va provoquer un stress important pour les organismes de nos patients fragiles. C’est comme si vous couriez un marathon pendant plusieurs jours, cela favorise à moyen terme les décompensations ».
Le Dr Marion Lassalle Gérard affirme qu’il peut y avoir « une surmortalité jusqu’à 5 jours après la canicule du fait de complications graves, a posteriori ».
« Se préparer à la prochaine vague de chaleur »
Elle ajoute : « certains médicaments peuvent favoriser des décompensations liées à la chaleur, notamment certains diurétiques, diabétiques, antipsychotiques, etc. Il faut être vigilant. Il faut continuer à surveiller les personnes âgées, continuer de bien boire, éviter de faire une activité physique en pleine chaleur parce qu’il fait encore chaud l’après-midi, continuer comme s’il y avait encore la canicule. Il faut que les organismes récupèrent au maximum maintenant pour se préparer à la prochaine vague de chaleur » attendue en début de semaine prochaine.
Le CHU de Nantes n’a jamais reçu autant d’appels, « même pendant le covid ». Ce plan blanc a permis l’arrivée de renforts et une répartition des patients dans les différents hopitaux du département.