INFO LE FIGARO – La valse des dirigeants du Musée d’État de la cité phocéenne s’accélère. Après la suspension du président Pierre-Olivier Costa, l’administratrice générale Véronique Haché subit le même sort.

À peine 24 heures après la suspension de son président Pierre-Olivier Costa, le Mucem est de nouveau en ébullition. Ce mardi 1er juillet après-midi, un trio féminin est arrivé depuis Paris. Delphine Christophe, directrice générale du patrimoine, Christelle Creff, cheffe du service des musées de France et enfin, Anne-Marie Le Guével de l’IGAC et présidente par intérim du musée ont rencontré les salariés. La salle sur la terrasse face à la mer était pleine à craquer. Plus de 70 agents étaient présents et une quinzaine suivait la réunion à distance en visio. En guise de préambule, elles ont annoncé que Véronique Haché, bras droit de Pierre-Olivier Costa avait également été suspendue pour quatre mois. Celle-ci avait quitté brusquement le Mucem sur le coup de midi.

«Nous sommes heureux de cette annonce car elle intervient très rapidement après la suspension de Pierre-Olivier Costa, nous écrit un salarié. À la tête du Mucem, ces deux-là se soutenaient coûte que coûte.» Une autre salariée présente à cette réunion renchérit par sms : «nous n’avions plus confiance ni dans l’un ni dans l’autre.» 


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Pierre-Olivier Costa et Véronique Haché se connaissent depuis la mairie de Paris, à l’époque où tous deux travaillaient avec le maire Bertrand Delanoë. En 2023, soit un an après son arrivée au Mucem, Pierre-Olivier Costa l’a nommé au poste d’administratrice générale du musée. Spécialiste des mobilités, à la tête du syndicat Autolib et Vélib Métropole de 2012 à 2017, Véronique Haché n’était pas connue dans le petit monde de la culture et elle connaissait peu les rouages d’un musée d’État. Mais pourquoi pas. Faire venir des personnes d’autres horizons est souvent enrichissant.

Climat tendu

L’arrivée de cette géographe et urbaniste s’est faite dans un climat tendu. Les salariés se remettaient à peine du départ de Françoise Pams que le président avait fait venir à ses côtés dès son arrivée. Cette ancienne directrice de la communication du Medef, puis du Centre Pompidou , ne figurait pas dans l’organigramme. Mais elle donnait des ordres aux équipes. Avec Véronique Haché, la greffe n’a jamais pris non plus. Les tensions se sont enflammées pour ne plus jamais retomber. Les salariés lui reprochent entre autres sa loyauté absolue envers Pierre-Olivier Costa y compris depuis que ce dernier fait l’objet d’une enquête au pénal pour harcèlement moral et sexuel.

Les syndicats souhaitent désormais que les suspensions au sein de la direction se poursuivent. «Le management toxique de l’un de nos dirigeants encore en place a beaucoup éprouvé les agents depuis 2020, souligne un syndicaliste. Les graves soupçons de favoritismes qui le concernent nuisent à l’image et au fonctionnement du musée.

La présidente par intérim se mettra au travail dès lundi prochain. Dans les dossiers urgents, il faut trancher sur l’annulation ou pas de la grande exposition de l’automne consacrée à Mayotte. Son budget est important en raison du choix de pièces imposantes dont un squelette de cachalot à faire venir de l’Ocean indien.