Selon l’agence Reuters, la Russie s’apprêterait à importer au moins 400 000 tonnes de carburant tous les mois, la demande étant particulièrement forte en été. Elle s’approvisionne déjà en Biélorussie, et un accord aurait été trouvé avec le Kazakhstan. Mais au-delà de ces pays limitrophes, Moscou commencerait également à se fournir en Inde.
Cela serait un aveu de faiblesse pour l’économie, analyse Thierry Bros, spécialiste des questions énergétiques, Car New Delhi pourrait vendre à Moscou le même pétrole qu’elle lui a acheté, mais après transformation : « quand vous allez devoir acheter vos produits pétroliers à l’Inde, c’est l’Inde qui va faire une marge en raison du raffinage. Donc c’est l’Inde qui s’enrichit, c’est l’Inde qui va acheter du pétrole et vous revendre des produits pétroliers plus cher. »
Mais la Russie n’a guère le choix, car rebâtir son système de raffineries va prendre du temps pour plusieurs raisons. « Dans une raffinerie, vous avez des outils de raffinage qui sont extrêmement complexes et qui utilisent souvent de la technologie occidentale, explique Thierry Bros. Et vous avez aussi des catalyseurs, une technologie qui est maîtrisée par l’Occident : la Russie et la Chine le maîtrisent moins bien. »
Ces importations seraient amenées à augmenter si l’Ukraine maintient l’intensité de ses attaques sur les infrastructures pétrolières : au moins 50 ont eu lieu en trois mois. Les autorités russes pourraient être contraintes à des choix encore plus drastiques que ceux pris jusqu’ici, alors que Moscou a déjà suspendu les ventes de carburant aux particuliers en Crimée depuis 10 jours.
À lire aussiRussie: les pénuries de carburant gagnent, le Kremlin cherche des solutions