Une approche innovante
Alors que de nombreuses innovations en cancérologie reposent sur l’introduction d’un nouveau médicament, cette approche se base, elle, sur l’utilisation optimisée de traitements déjà disponibles. En effet, l’approche innovante consiste en « l’utilisation de la radiothérapie hautement ciblée pour modifier le micro-environnement tumoral et rendre la tumeur plus sensible à l’immunothérapie », précise l’Hub par voie de communiqué.
« La radiothérapie est traditionnellement utilisée pour détruire la tumeur, explique pour sa part le Dr Alex De Caluwé, radiothérapeute à l’Institut Jules Bordet. Nos résultats montrent qu’elle peut aussi jouer un rôle de déclencheur de la réponse immunitaire. En quelque sorte, elle aide le système immunitaire à reconnaître un cancer qu’il ignorait jusque-là ».
Prometteurs, ces résultats suggèrent ainsi qu’un traitement déjà largement disponible, comme la radiothérapie, pourrait améliorer la réponse à l’immunothérapie lorsqu’il est utilisé différemment, notamment en adaptant le moment du traitement, les doses administrées et les zones ciblées.
Pour le Dr Laurence Buisseret, oncologue médicale à l’Institut Jules Bordet, « cette étude constitue une étape importante pour comprendre comment combiner de manière optimale radiothérapie, chimiothérapie et immunothérapie dans le cancer du sein ».
Encourageants, ces résultats devront cependant être confirmés dans un essai clinique de plus grande ampleur, avant d’envisager de modifier les pratiques médicales actuelles, soulignent les équipes de l’Institut Jules Bordet pour lesquelles « ce futur programme représente un défi important pour la recherche académique indépendante qui dispose souvent de moyens limités pour évaluer de nouvelles stratégies reposant sur des traitements déjà disponibles ».
Et, de fait, côté financier, « si ces résultats sont confirmés, l’approche pourrait améliorer les résultats cliniques sans augmenter de manière substantielle le coût des traitements », fait remarquer l’Hub.