Par

Isabelle Villy

Publié le

2 juil. 2026 à 7h20

Il vous est certainement déjà arrivé d’être surpris par la présence d’un radar dit de chantier, également appelé radar autonome, en vous demandant si vous étiez ou non à la bonne vitesse. Des radars qui semblent pousser comme des champignons dans certains secteurs et qui s’ajoutent aux radars fixes et autres radars embarqués. Pour les usagers de la route, ces équipements sont souvent considérés comme des moyens pour l’État de faire facilement rentrer de l’argent dans les caisses, mais leur présence a évidemment une autre raison d’être. Pour en savoir plus, nous avons interrogé les services de l’État, à savoir la préfecture de la Seine-Maritime.

Des radars qui bougent fréquemment

La particularité des radars de chantier, c’est qu’ils peuvent bouger fréquemment, augmentant d’autant l’effet de surprise pour les usagers de la route, pourtant censés respecter les signalisation en vigueur en termes de vitesse. Ces radars n’ont effectivement pas vocation à rester durablement sur un site, mais on peut constater leur présence régulière, comme c’est le cas, par exemple, sur la RN 31 entre Martainville-Épreville et Saint-Jacques-sur-Darnétal.

L’objectif des services de l’État n’est pas de piéger les usagers, mais de réduire les vitesses excessives. Le nombre d’infractions relevé par un radar diminue en général rapidement, preuve de son efficacité.

Préfecture de la Seine-Maritime

Actuellement, les usagers peuvent aussi déceler la présence d’un tel radar sur la D928, peu après le rond-point du Moulin d’Écalles, en direction de Quincampoix, mais aussi à Isneauville, sur la RN 28, à la sortie de l’autoroute A 28, et juste avant le chantier de construction d’une passerelle. Ce ne sont là que quelques exemples, et il est d’ailleurs possible de trouver l’emplacement des radars via une cartographie mise à disposition par l’État.

En fonction des besoins pour protéger les chantiers

« L’objectif des services de l’État n’est pas de piéger les usagers, mais de réduire les vitesses excessives. Le nombre d’infractions relevé par un radar diminue en général rapidement, preuve de son efficacité », soulignent les services de la préfecture, qui rappellent que la présence des radars, et leur nombre « varient selon les besoins des gestionnaires routiers pour la protection de leurs chantiers ». Notons également que durant ces chantiers, tout est fait pour « limiter les perturbations pour les usagers », en ne fermant pas complètement les routes.

Les autorités signalent par ailleurs que « dans le cas où le nombre d’infractions montre un nombre inhabituel d’excès de vitesse », la situation du chantier fait l’objet d’une réflexion avec le gestionnaire routier, pour juger la pertinence de « renforcer la signalisation ».

Le recours aux radars autonomes tend à se développer

Les autorités constatent en tout cas que la prudence qui devrait être de mise n’est pas respectée aux abords des chantiers, ceci entraînant des accidents, parfois mortels, au détriment des agents des routes qui interviennent pour réaliser leurs missions.

Face à cela, « le recours aux radars autonomes tend effectivement à se développer, notamment sur les chantiers du réseau routier national », argumentent les services de la préfecture, qui font valoir que « le respect des vitesses maximales autorisées est une condition essentielle pour garantir la sécurité des agents qui interviennent sur les chantiers ».

En 2023, un comité interministériel a ainsi défini la sécurisation des chantiers routiers comme un axe majeur de la politique de sécurité routière, notamment pour protéger les intervenants sur les voies rapides et autoroutes, traitées en priorité (plan de prévention ministériel 2023-2027).

Des radars systématiquement signalés

Les radars, qu’ils soient de chantier ou classiques, sont en tout cas systématiquement signalés par des panneaux d’annonce radar, qui viennent donc en complément des signalisations de limitation de vitesse. Celle-ci est par ailleurs « systématiquement rappelée avant un dispositif de contrôle », insistent les services de la préfecture. Logiquement, tout usager de la route qui respecte la signalisation en vigueur et est concentré sur sa conduite ne devrait donc pas se laisser surprendre par le flash.

« Un flash ne donne pas lieu systématiquement à une verbalisation »

À propos de flash justement, les services de la préfecture soulignent « qu’un flash ne donne pas systématiquement lieu à une verbalisation ». Quant aux amendes infligées aux automobilistes et autres usagers motorisés, leur montant dépend de la vitesse maximale autorisée et de l’excès de vitesse considéré (le barème des amendes est disponible sur le site antai.gouv.fr).

C’est l’agence nationale de traitement automatisé des infractions (ANTAI) qui traite les infractions, qui peuvent être contestées : notez que « les délais et voies de contestation sont indiqués dans les documents adressés au titulaire de la carte grise du véhicule concerné », concluent les services de la préfecture.

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