Sept ans déjà. C’est l’âge de raison pour En Boîte Le Plat, l’association toulousaine qui propose des contenants en verre [1] réemployables et consignés aux restaurateurs et commerçants. Le projet a essaimé en France dans sept autres territoires, de Mulhouse à la côte d’Azur en passant par La Rochelle, Lorient ou encore Besançon. Les fondateurs de l’association, Jonathan Conan et Céline Gorin, se consacrent désormais au développement du réseau qui s’est lancé ces derniers mois dans une grande campagne d’adhésion.

« Comme de nombreuses associations, nous avons moins de subventions. On remarque aussi une difficulté à accéder aux appels à projets sur le réemploi gérés par les éco-organismes. Nous avons certes un système plus artisanal que réellement industriel mais les résultats sont là. Au niveau national, nous avons évité l’utilisation de 3,5 millions d’emballages jetables dont 1,6 million à Toulouse », indique Marie Gruet, référente accompagnement et développement du réseau En Boîte Le Plat à Toulouse. À ce jour, plus de 300 citoyens ont adhéré à En Boîte Le Plat et ont donc apporté un soutien financier au réseau.

« Notre objectif est de susciter un changement d’habitude »

Sur Toulouse, le nombre de commerces abonnés au service s’est stabilisé autour de 75-80. Si la plupart des restaurateurs gèrent la partie lavage des contenants, En Boîte Le Plat peut toutefois assurer ce service sur demande. Dans la Ville rose, un partenariat sur le sujet est en dialogue avec la centrale de lavage de contenants alimentaires Évidence. Parmi les autres structures alliées, Le Fourgon ou encore Zero Waste Toulouse, qui sensibilise les Toulousains à une réduction importante de leurs déchets.

« Notre objectif est de susciter un changement d’habitude, qu’aller chez son restaurateur ou son commerçant avec son contenant réutilisable devienne un réflexe. Et qu’à terme, notre association n’ait plus d’utilité. Mais tout changement prend du temps. Il faut, au départ, expliquer plusieurs fois la démarche. Sans un engagement important des commerçants, ça ne marche pas », souligne la référente accompagnement toulousaine. Pour pouvoir s’assurer une stabilité économique plus grande, l’association envisage de développer les actions à destination des entreprises [2] et à mettre en place davantage de formations sur le remploi pour commerçants. À Toulouse, l’association fonctionne grâce à l’engagement d’une équipe de six personnes (deux salariés, deux alternants et deux service-civique).

Matthias Hardoy

Sur la photo : Marie Gruet, référente accompagnement et développement du réseau En Boîte Le Plat à Toulouse, et Chelghoum Jugurtha, service civique. Ils posent au sein du pôle ESS des Herbes Folles, quartier Bonnefoy à Toulouse, qui accueille une quinzaine de structures de l’économie sociale et solidaire dont En Boîte Le Plat. Le pôle ESS organise un événement pour le grand public le 10 octobre prochain. Crédit : Rémy Gabalda-ToulÉco.

Notes

[1] De la marque Duralex (Loiret), actuellement en difficulté mais aussi de la marque Arcoroc.

[2] Comme récemment avec la Caisse d’allocations familiales (Caf) de Haute-Garonne, qui s’est procuré soixante-dix boîtes pour ses collaborateurs.