Par
Rédaction Paris
Publié le
3 juil. 2026 à 9h08
Après le centre Pompidou, c’est un autre monument de la culture parisienne qui va entrer en travaux. À la fin de l’année 2027, la scène de l’Opéra Garnier va fermer ses portes. Sauf que si la fermeture était prévue pour deux ans au départ, elle va être rallongée, portant la fermeture à une durée de cinq ans, de 2027 à 2032.
Retirer entièrement le plomb
Cet allongement du calendrier des travaux de modernisation est lié à la présence de plomb. « Comme dans de nombreux autres monuments historiques, la présence de plomb au palais Garnier est connue et fait l’objet d’un suivi régulier. Il était déjà prévu de le traiter dans le projet initial », a expliqué Alexander Neef, directeur général de l’Opéra de Paris. « Ce qui change la donne, c’est que nous faisons face aujourd’hui à un renforcement de la réglementation et à une demande des organismes de prévention et de contrôle de retirer intégralement le plomb dans la cage de scène à l’occasion des travaux », a-t-il poursuivi. Une étape jugée incontournable « pour éviter d’avoir à engager un nouveau chantier dans quelques années ».
Des travaux aussi prévus à l’Opéra Bastille
Il n’y a pas que Garnier qui va avoir droit à un lifting. Le 31 octobre 2024, l’institution, dont le vieillissement des bâtiments avait été mis en lumière par un rapport de la Cour des comptes, avait dit prévoir deux ans de fermeture à tour de rôle pour ses deux théâtres : été 2027-été 2029 pour Garnier ; mi-2030-mi 2032 pour l’Opéra Bastille. L’objectif est de moderniser les cages de scène (dessous et dessus de la scène) de ces deux sites, sur le plan scénique (machinerie…) et du bâtiment (réseaux, traitements d’air, électricité).
En conséquence, au palais Garnier, bâtiment vieux de 151 ans et classé monument historique en 1923, les travaux vont s’étendre de 2027 à 2032. Et à Bastille, inauguré en 1989, ils ne pourront démarrer qu’à la saison 2033-2034.
Quand un lieu sera fermé, l’autre restera ouvert et accueillera les spectacles lyriques et chorégraphiques de l’institution, laquelle prévoit aussi une programmation hors les murs au théâtre des Champs-Elysées, au théâtre du Châtelet, au théâtre de Chaillot et au théâtre de la Ville, selon Alexander Neef.
Le bâtiment pourrait intégralement fermer
Autre évolution annoncée jeudi au palais Garnier : les espaces réservés aux visites patrimoniales, source importante de revenus (13 millions d’euros annuels) et qui devaient initialement rester ouverts, « pourraient être temporairement indisponibles pendant deux ans », en raison des éventuelles nuisances (bruits, vibrations), selon la direction. Une éventuelle fermeture totale du bâtiment dépendra de la technique choisie pour le traitement du plomb après des tests menés cet été, a précisé le directeur général.
Le coût de ces ajustements « n’est pas encore connu », selon Alexander Neef, soulignant qu’il dépend des expertises de l’été et de la fermeture ou non du palais Garnier, ainsi que « de notre capacité d’autofinancement ».
En septembre, les travaux avaient été évalués à 450,8 millions d’euros sur six ans par le ministère de la Culture, dont 25 % financés par l’État. Ils comprennent aussi des travaux de rénovation, de moindre envergure, à l’école de danse de Nanterre (ouest de Paris) et aux ateliers Berthier (où sont conservés les costumes).
« Beaucoup de salariés sont sidérés »
En 2025, le budget de l’institution, légèrement bénéficiaire, reposait à 42 % sur des subventions de l’État et à 58 % sur ses ressources propres (billetterie, mécénat, visites, événements privés etc.).
Sur le plan de l’emploi, la direction prévoit de « regarder de manière fine les impacts précis » pour les salariés du plateau de Garnier. « Beaucoup de salariés sont sidérés », a réagi Régis Cochennec, représentant du syndicat Sud, pointant en particulier « beaucoup d’inquiétude » parmi les quelque 500 salariés de Garnier, alors que la direction a mis en place un « dispositif d’écoute et d’accompagnement psychologique » assuré par un cabinet indépendant, selon un courrier interne.
« On ne sait pas ce qu’il y aura dans le plan d’accompagnement de la direction : départs à la retraite ? Départs volontaires ? Transferts vers Bastille ? » a ajouté Régis Cochennec. Selon lui, la possibilité de demander des formations existe aussi mais « les délais pour en obtenir sont très longs dans ces métiers spécifiques ».
Avec AFP
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