l’essentiel
Marie Perez, infirmière libérale à la maison de santé pluriprofessionnelle du Sud du Tarn, a lancé la première phase de test de son projet de consultation infirmière à domicile le jeudi 11 juin. L’objectif est de mieux accompagner les patients atteints de cancer dans leur processus de traitement.

Se faire diagnostiquer un cancer est un bouleversement. En l’espace de quelques jours, parfois quelques heures, le patient doit assimiler beaucoup d’informations, alors qu’il est souvent en phase de sidération. C’est de ce constat qu’est partie Marie Perez, infirmière libérale dans le sud du Tarn, pour lancer son projet de consultation infirmière à domicile. Ce nouveau dispositif a un objectif : « Renforcer l’accompagnement des patients atteints de cancer dans leur parcours de soins, à leur domicile, et favoriser l’accès aux soins oncologiques de support de proximité ».

« L’idée est partie de mon exercice d’infirmière libérale », explique la Tarnaise. C’est en faisant les « soins techniques », comme les prises de sang nécessaires au parcours de traitement, chez ses patients, que l’infirmière a fait un constat. À cause du choc provoqué par l’annonce de la maladie, les personnes sont souvent perdues et n’assimilent pas toutes les informations nécessaires au déroulé du parcours de soins. Pendant ces soins techniques, l’infirmière libérale est limitée et ne peut pas toujours se permettre de prendre le temps nécessaire à une meilleure compréhension.

Actuellement, après le diagnostic, un accompagnement est obligatoire à l’hôpital. Le patient assiste à une première consultation d’annonce médicale, par le médecin, qui l’éduque sur le plan de soins. Quelques jours, voire quelques heures après, une deuxième consultation, faite par des infirmières de l’hôpital, permet de vérifier si le patient a bien assimilé le discours du médecin. « Et moi, j’interviens après ça », explique Marie Perez.

« On voudrait que ça rentre dans le droit commun, dans notre nomenclature »

Ce dispositif prend la forme d’un « parcours coordonné entre les infirmiers libéraux et les établissements de santé ». Dans le sud du Tarn, ce sont l’hôpital de Castres, la clinique du Sidobre et l’Oncopole qui sont partenaires du projet. Concrètement, les infirmiers libéraux vont venir accompagner le patient grâce à des « consultations, au calme, chez lui. La première dure entre une et deux heures ». Ils vont reprendre ensemble ce que le patient a compris et retenu sur le parcours de soins. « On voit aussi le planning, comment s’organiser à la maison avec un pilulier, un agenda ». Une fois que le patient a bien intégré tout ce qu’il lui a été appris, « on fait l’évaluation des besoins en soins de support ». Ces derniers visent à compléter les traitements médicaux et à mieux vivre la maladie au quotidien. Au total, neuf supports sont recensés par l’Institut national du cancer, dont l’accompagnement psychologique, l’accompagnement diététique, l’accompagnement pour la fertilité ou encore l’activité physique adaptée.

Pour le moment, cette initiative entre en phase de test jusqu’en 2027. Marie Perez a pris le rôle de coordinatrice et a recruté une équipe d’infirmiers libéraux qui couvre toute la zone de la communauté professionnelle territoriale de santé (CPTS) sud Tarn. Aujourd’hui, l’expérience est financée par l’Agence régionale de santé (ARS) et portée par cette dernière avec la CPTS sud Tarn, l’Union régionale des professionnels de santé des infirmiers libéraux d’Occitanie et les établissements de santé qui « ont tous été soutenants et sans qui le projet n’aurait pas été possible ». L’infirmière aimerait développer ce système : « L’idéal serait que tout patient ait accès à ce parcours ». Elle espère trouver un financement après 2027 pour continuer et, à terme, que cet accompagnement fasse partie de l’activité d’infirmière libérale : « On voudrait que ça rentre dans le droit commun, dans notre nomenclature ».