Enseignement supérieur / L’université Lumière Lyon 2 vient de traverser une semaine particulièrement tumultueuse. Un professeur d’histoire médiévale a été suspendu pendant dix-huit mois après plusieurs publications sur les réseaux sociaux. Dans le même temps, l’établissement a démenti faire l’objet de la mission d’inspection spécifique annoncée par la Région Auvergne-Rhône-Alpes, qui maintient le gel de près de 19 millions d’euros de subventions.

Photo : © DR Université Lyon 2

La fin du mois de juin a été particulièrement agitée pour l’université Lumière Lyon 2. Le 25 juin dernier, la section disciplinaire de l’université Lumière Lyon 2 a prononcé une interdiction d’enseigner de dix-huit mois, avec privation de traitement, contre Julien Théry, professeur d’histoire médiévale. Elle lui reproche des « manquements au devoir de dignité, de mesure et d’exemplarité » ainsi qu’une « atteinte à l’image et au fonctionnement » de l’université.

La procédure avait été engagée après plusieurs publications diffusées sur les réseaux sociaux. L’une d’elles, révélée par la Licra à l’automne 2025, dressait une liste de « 20 génocidaires à boycotter ». Parmi les personnes visées figuraient notamment l’animateur Arthur, les acteurs Charlotte Gainsbourg et Philippe Torreton. Tous avaient signé, la veille dans Le Figaro, une tribune appelant Emmanuel Macron à ne reconnaître un État palestinien qu’après la libération des otages retenus par le Hamas et le démantèlement de ce dernier.

La section disciplinaire s’est également appuyée sur d’autres publications de l’enseignant, dont un montage reprenant des stéréotypes antisémites. L’université l’avait suspendu à titre conservatoire en décembre avant de signaler les faits au parquet.

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L’université réfute l’existence d’une inspection spécifique

Autre sujet, cette fois entre Lyon 2 et la Région Auvergne-Rhône-Alpes. Après l’irruption de militants dans un cours du géographe Fabrice Balanche, le 1er avril 2025, la Région avait décidé de suspendre l’ensemble de ses financements à destination de l’université. Sont notamment concernés près de 19 millions d’euros destinés à la construction du futur bâtiment La Ruche. Le Président de Région, Laurent Wauquiez puis son successeur, Fabrice Pannekoucke, estimaient qu’une mission d’inspection devait être menée pour faire la lumière sur plusieurs faits dénoncés au sein de l’établissement, notamment en matière de respect de la laïcité.

Jeudi dernier, Fabrice Pannekoucke a annoncé que le gouvernement avait répondu favorablement à cette demande en confiant une mission à l’Inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche. L’université ne partage pas cette lecture. Dans un communiqué, elle affirme qu’« il n’y a pas eu d’audit, ni de mission d’inspection spécifique à l’Université Lumière Lyon 2 et aucune autre initiative à venir n’a été portée à notre connaissance. ». Selon elle, il s’agit d’une mission d’accompagnement menée auprès de plusieurs établissements des académies de Lyon et de Grenoble dans le cadre de l’application de la loi du 31 juillet 2025 relative à la lutte contre l’antisémitisme. Lyon 2 précise avoir été entendue le 27 mai, au même titre que cinq autres universités. Pour l’établissement, il ne s’agit donc pas d’une inspection visant spécifiquement son fonctionnement.

Près de 19 millions d’euros toujours suspendus

La question des subventions n’est, elle, toujours pas réglée. La Chambre régionale des comptes a estimé que le blocage d’une partie des aides n’était pas fondé. La Préfecture d’Auvergne-Rhône-Alpes a ensuite mis la Région en demeure mi-mai dernier de procéder au versement de cette subvention.

Malgré cela, les financements destinés à La Ruche n’ont toujours pas été débloqués. L’université assure disposer de la trésorerie nécessaire pour achever le chantier, dont l’ouverture est prévue à la rentrée 2026, mais attend toujours le versement des sommes promises. En parallèle, Lyon 2 poursuit son plan de retour à l’équilibre budgétaire, qui prévoit notamment la suppression d’entre 20 000 à 25 000 heures d’enseignement et de 15 postes.