La cour d’appel de Montpellier a rendu son arrêt ce jeudi 2 juillet dans l’affaire mettant en cause l’influenceur algérien Boualem Naman, dit «Doualemn». Soupçonné de «provocation non suivie d’effet à commettre un crime ou un délit», il a été condamné à cinq mois de prison.
Condamné en mars 2025 à la peine de cinq mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Montpellier, Boualem Naman, dit «Doualemn», avait fait appel de sa condamnation. Et après une audience s’étant déroulée lundi 11 mai, la Cour d’appel de Montpellier a rendu ce jeudi son arrêt sur ce dossier confirmant le jugement en première instance, et condamnant l’influenceur algérien à cinq mois de prison avec sursis pour «incitation à la violence»
En première instance, les avocats de l’influenceur algérien avaient plaidé la relaxe. Néanmoins, leur client a écopé d’une peine inférieure à celle qui avait été requise par le ministère public. Lors de l’audience de mai 2026, l’influenceur s’est dit victime des tensions entre la France et l’Algérie.
«Avec tout ce qui circule sur les réseaux sociaux, c’est quand même curieux de voir un maire vous signaler, un préfet faire de même… puis on vous expulse. Et, finalement, vous vous retrouvez devant nous. C’est une drôle d’histoire», s’était interrogé à haute voix le président de la cour, Charles Pinarel.
Les faits reprochés à Boualem Naman remontent au début du mois de janvier 2025. A l’époque, cet Algérien d’une soixantaine d’années avait publié une vidéo sur son compte TikTok, dans laquelle il appelait à «donner une sévère correction» à un opposant au régime actuel algérien. L’influenceur était sous le coup d’une OQTF, avant qu’elle ne soit annulée par le tribunal administratif de Melun au début du mois de février 2025.
Dans un premier temps, les autorités avaient considéré les propos de «Doualemn» comme un appel au meurtre, avant que la justice ne retienne une autre traduction, qui relevait davantage d’une incitation à «attraper» un homme et lui infliger une «correction sévère». Mais selon le préfet de l’Hérault, les propos de l’homme justifiaient un retrait de son titre de séjour et son expulsion vers l’Algérie. Sauf qu’à son arrivée sur le sol algérien, le 9 janvier 2025, les autorités locales l’avaient renvoyé en France.
«Doualemn» assigné à résidence avec des conditions strictes
Dans le cadre de cette procédure, Boualem Naman avait comparu, mercredi 5 mars de la même année, devant la Commission d’expulsion (Comex) au tribunal judiciaire de Montpellier dans le cadre d’une nouvelle demande d’expulsion formulée par le préfet de l’Hérault. Le 12 mars, la Comex avait rendu un avis favorable à la demande des autorités et «Doualemn» avait été interpellé jeudi 20 mars dans la matinée à son domicile de Montpellier en vue de son expulsion.
Il avait été transféré par les policiers à Paris puis placé dans un centre de rétention administrative (CRA). Dans la foulée, une demande de suspension de la décision d’expulsion avait été formulée par les avocats de «Doualemn» et celle-ci avait été rejetée par le tribunal administratif de Paris, estimant que les conditions pour prononcer cette suspension n’étaient «pas réunies».
La justice administrative considérait en réalité que, malgré sa longue présence sur le territoire français, «pendant environ vingt ans en situation irrégulière puis quinze ans en situation régulière», Boualem Naman «ne justifiait ni de liens d’une intensité particulière avec ses enfants majeurs et avec ses petits-enfants ou d’une communauté de vie avec sa compagne, ni d’une intégration professionnelle inscrite dans la durée». Quelques jours plus tard, le Conseil d’Etat a rejeté la requête en référé de l’influenceur algérien.
Finalement, faute d’accord avec le gouvernement algérien nécessaire à son expulsion, Boualem Naman était sorti libre mardi 17 juin 2025 du CRA du Mesnil-Amelot, au bout de la durée légale maximum d’enfermement, soit 90 jours. Il est depuis assigné à résidence avec des conditions particulièrement strictes.