Six hommes, jugés à Paris pour un trafic d’armes, ont été condamnés ce vendredi à des peines allant jusqu’à sept ans de prison. Selon l’enquête, ces derniers évoluaient au sein d’une mouvance d’ultradroite pronazie.
Des néonazis lourdement condamnés à Paris. Jugé depuis le 23 juin dernier, le tribunal correctionnel a rendu sa décision ce vendredi 3 juillet quant à six hommes accusés d’avoir participé à un trafic d’armes lié à l’extrême droite radicale. À l’issue de ces huit jours d’audience, cinq d’entre eux, âgés de 22 à 25 ans, ont alors été reconnus coupables d’association de malfaiteurs terroriste et ont été condamnés à des peines de prison allant de 2 à 7 ans.
Le sixième, qui est un policier retraité de 61 ans, l’a été uniquement pour trafic d’armes, l’enquête n’ayant pas établi qu’il avait conscience que les armes qu’il fournissait pouvaient avoir pour objet de mener des attentats. Toutefois, ce dernier a été condamné à cinq ans de prison, dont 25 mois assortis d’un sursis probatoire pendant trois ans. La partie ferme de sa peine sera exécutée sous bracelet électronique.
Parmi les cinq autres condamnées, soupçonnées d’avoir entretenu des projets violents contre les juifs, les musulmans, la communauté LGBTQ+ ou encore la gauche, figurent deux anciens militaires.
Une idéologie radicale au cœur du dossier
La peine la plus lourde, de sept ans de prison avec une période de sûreté des deux tiers et un suivi sociojudiciaire de six ans, a été infligée au plus jeune des prévenus. Ce dernier, né d’une mère japonaise et d’un père marocain, a répété durant l’audience son rejet du métissage et ajouté que s’il avait «délaissé certaines thèses» d’ultradroite, il en avait «gardé d’autres».
Un autre homme, présenté comme le principal organisateur du trafic, a lui aussi été condamné à sept ans de prison, mais sans période de sûreté et avec un suivi sociojudiciaire de quatre ans. Lors de l’une des audiences précédentes, cet ex-soldat avait expliqué avoir grandi dans une enfance bercée par le pétainisme, l’antisémitisme et le traditionalisme catholique.
Les trois autres prévenus ont été condamnés à des peines comprises entre deux ans d’emprisonnement, dont trois mois ferme à exécuter sous bracelet électronique, et quatre ans de prison ferme. L’un d’eux, condamné à cette dernière peine, ne s’étant pas présenté au procès, a fait l’objet d’un mandat d’arrêt.
Lors des réquisitions, prononcées ce mercredi 1er juillet, la procureure avait insisté sur l’idéologie radicale, le «racisme le plus primaire», l’«antisémitisme », l’«homophobie» exprimés par les prévenus dans leurs échanges sur les réseaux sociaux jusqu’à leur interpellation en 2023. Elle avait notamment rappelé l’admiration que certains exprimaient pour Anders Breivik ou Brenton Tarrant, ces tueurs de masse suprémacistes blancs qui ont à eux deux assassiné un total de près de 130 personnes en 2011 et 2019.