Les sociétés d’accélération du transfert de technologies (Satt) financent le développement d’innovations issues de la recherche publique française en vue de leur déploiement dans la société et l’économie. Celle de la région grenobloise s’appelle Linksium.
Il s’agit d’encourager des projets et des start-up qui ont la capacité d’avoir un impact positif sur nous tous. Et pour cette troisième édition, des technologies très diverses ont été récompensées jeudi 2 juillet à la Casemate de Grenoble.
Sébastien Rodillon de Valomed.
Valomed, prix impact start-up innovante
Le prix principal a été remis à Valomed qui développe le logiciel AppHop dans le but de réduire le gaspillage des médicaments dans les hôpitaux. Son créateur, Sébastien Rodillon raconte : « C’est parti d’un projet de stage au CHU Grenoble où j’ai été témoin du gaspillage. L’idée est de se dire que cette boîte de médicaments, vu l’activité du service, je sais que je vais devoir la jeter dans trois mois, peut-être qu’en la déplaçant dans une autre unité de soins qui le consomme tous les jours, on peut éviter ce gaspillage. Mais le stage s’est vite terminé. Ensuite j’ai « rencontré » le Pépite oZer [un dispositif national pour les étudiants entrepreneurs] qui m’a permis de passer d’un projet de stage à un projet entrepreneurial et qui m’a ouvert des perspectives. Ensuite, j’ai croisé le chemin de l’Inria startup studio qui m’a accompagné avec tout son poids institutionnel. Au début, un peu naïf, je me disais que en bidouillant des tableurs suffirait. C’est un peu plus compliqué que ça : il y a des enjeux contractuels, des encadrements, de la RGPD, de la cybersécurité à mettre en place… »
William Bourgeois porte le projet de future start-up SioCore.
SioCore, prix impact projet innovant
SioCore sort du labo Brain Tech Lab (UGA, Inserm, CHU Grenoble-Alpes). Maturé et incubé chez Linksium, ce projet a bénéficié d’un post-doc financé par le PUI. « Ce projet répond à un véritable besoin et va nous permettre d’avancer dans la cancérologie et les nouveaux médicaments, mais aussi de réduire les expérimentations sur les animaux, a expliqué William Bourgeois qui porte le projet. »
L’innovation de SioCore consiste dans une production rapide de tumoroïdes cérébraux. En gros, ce sont des échantillons de la tumeur d’un patient sur lesquels les professionnels vont pouvoir faire tester la réponse aux traitements.
Kader Zaidat a fondé Krystalix en 2024.
Krystalix, prix spécial du jury catégorie start-up
Pour faire un laser par exemple, on a besoin de monocristaux et pour les fabriquer (on dit tirer des cristaux) on chauffe un matériau dans un creuset à 2000°. Krystalix a mis l’induction au service de cette industrie et « tire » dans un creuset froid. Les gains en temps et en énergie figurent dans les avantages de cette technique développée par une douzaine d’employés. « Je remercie l’écosystème grenoblois qui, pour moi, est unique en France, a témoigné le Marseillais Kader Zaidat qui porte Krystalix. J’étais maître de conférence au laboratoire Simap pendant 20 ans, il a suffi d’une rencontre avec Stephan Pédèche, de Linksium. »
Denis Genon porte le projet Energy net. A sa gauche, Sébastien Rodillon de Valomed.
Energy net, prix spécial jury catégorie projet
Le projet Energy net est issu du laboratoire de conception et d’intégration des systèmes (INP, UGA, USMB). Accompagné par Floralis puis par Linksium, il est porté par Karem Afsi et Denis Genon-Catalot. Le premier est le thésard, le second, le co-directeur de thèse. « Grâce à une architecture innovante, le projet permet de faire circuler simultanément données et énergie sur une seule paire de conducteurs, a décrit Manel Boumegoura, de Linksium.
Résultat : moins de cuivre, moins de pertes énergétiques, une intégration facilitée des énergies renouvelables et une infrastructure plus sobre, plus intelligente et plus sûre. Par cette distinction, le jury récompense une innovation qui ouvre de nouvelles perspectives pour les réseaux énergétiques de demain. »