20.000 personnes ont convergé vers cette ville dans d’énormes convois de bus, selon la police, pour protester contre le parti, qui a pris la tête des sondages nationaux.

Des milliers de manifestants antifascistes ont convergé samedi 4 juillet à Erfurt dans l’est de l’Allemagne, bloquant les principaux axes routiers et perturbant les transports publics, dans le but de faire annuler le congrès annuel du parti d’extrême droite AfD. Environ 20.000 personnes ont convergé vers cette ville dans d’énormes convois de bus, selon la police, pour protester contre l’Alternative pour l’Allemagne (AfD), qui a pris la tête des sondages nationaux.

L’alliance des contre-manifestants baptisée «Résistance» a bloqué les accès à l’agglomération, certains manifestants ayant procédé à une descente en rappel depuis un pont d’autoroute, tandis que plusieurs groupes se rassemblaient dans les principales rues et places du centre-ville, selon des journalistes de l’AFP. Mais la plupart des délégués de l’AfD ont réussi à rejoindre le centre des congrès où doit se tenir le congrès du parti, a indiqué la police. Celui-ci a commencé à l’heure.


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La réélection des coprésidents de l’AfD à l’ordre du jour

Les premières heures des manifestations se sont déroulées pacifiquement. Seules de légères échauffourées ont été signalées, des milliers de policiers étant déployés pour protéger le congrès. «Exprimer des opinions est légitime (…) la violence et la casse ne le sont pas», a insisté vendredi dans un message vidéo le maire CDU (droite) d’Erfurt, Andreas Horn.

À l’ordre du jour, la réélection des coprésidents de l’AfD, Alice Weidel et Tino Chrupalla, qui ont fait de ce parti anti-immigration et prorusse la première force d’opposition du pays lors des législatives de 2025.

Pour les détracteurs de l’AfD, combattre ce parti est un devoir, du fait du poids du passé nazi et des efforts, selon eux, de mettre fin à la politique de mémoire et de contrition de l’Allemagne. Certains voient dans la tenue du congrès de l’AfD à Erfurt le jour du 100e anniversaire d’un congrès nazi tristement célèbre à Weimar, tout près de là, une provocation délibérée, ce que la formation dément, évoquant un hasard du calendrier.

«Ils pensent être les seuls à détenir la démocratie»

À l’ouverture du congrès, Tino Chrupalla, s’en est pris aux manifestants, estimant qu’ils avaient été «amenés ici depuis tout le pays par les partis de l’establishment dans des camions». «Ils protestent contre la prise de décision démocratique. Ils pensent être les seuls à détenir la démocratie», a-t-il déclaré dans son discours.

Certains membres de l’AfD semblaient presque se réjouir de la perspective d’une confrontation. «Le compte à rebours vers la guerre civile à Erfurt est lancé», a écrit cette semaine sur X la députée AfD Beatrix von Storch, lançant à ses adversaires : «Vous n’avez que la violence. Nous avons les arguments».


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En Allemagne, la crise migratoire de 2015, des attaques islamistes, des crimes commis par des étrangers et une profonde crise du modèle économique allemand ont alimenté la popularité de l’extrême droite, en particulier dans l’Est du pays. L’AfD peut même espérer prendre le contrôle d’un voire deux Länders (Etats) de l’Est en septembre, à l’occasion d’élections régionales, ce qui serait une première.