En visite à Lampedusa, porte d’entrée de milliers de migrants vers l’Europe, le pape Léon XIV a appelé ce samedi les dirigeants européens à adopter une politique migratoire plus humaine et plus ambitieuse. 

Quelques semaines après l’adoption de nouvelles mesures migratoires par l’Union européenne, Léon XIV a choisi un lieu hautement symbolique pour faire entendre sa voix. Sur cette île italienne située entre la Tunisie et Malte, devenue l’un des principaux points d’arrivée des migrants traversant la Méditerranée, le pape américain a dénoncé l’indifférence grandissante face aux drames humains qui se jouent aux portes de l’Europe. 

Dans son homélie, il a estimé que l’Europe devait répondre à ce qu’il a qualifié d’«appel historique» en mettant en place une politique durable, capable d’«accueillir, protéger, promouvoir et intégrer les migrants», tout en agissant sur les causes profondes des départs afin que «personne ne soit contraint d’émigrer».

Un plaidoyer contre l’indifférence et les causes des migrations 

Le chef de l’Église catholique a également dénoncé les facteurs qui alimentent les mouvements migratoires. Il a pointé du doigt «le désintérêt pour le bien commun», la corruption dans les pays d’origine, un système économique mondial créant «pauvreté et exclusion», mais aussi les réseaux criminels qui profitent du désespoir des exilés. 

Avant la célébration de la messe, Léon XIV s’est recueilli au cimetière où reposent des migrants non identifiés, puis devant la «Porte de l’Europe», monument dédié aux victimes des traversées en Méditerranée. Un geste fort qui rappelle la visite historique du pape François sur cette île en 2013, lors de son premier déplacement en tant que souverain pontife. 

Lampedusa, symbole d’une crise toujours meurtrière 

Située à seulement 145 kilomètres des côtes tunisiennes, Lampedusa est devenue l’un des symboles de la crise migratoire en Europe. En octobre 2013, plus de 360 migrants y avaient perdu la vie dans un naufrage, le plus meurtrier de l’histoire de l’île. 

Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), la Méditerranée centrale demeure la route migratoire la plus dangereuse au monde. En 2025, quelque 1.330 personnes y sont mortes ou ont disparu en tentant de rejoindre l’Europe.