Des milliers de manifestants antifascistes ont convergé samedi à Erfurt, dans l’est de l’Allemagne, bloquant les principaux axes routiers et perturbant les transports publics, dans le but de faire annuler le congrès annuel du parti d’extrême droite AfD.
Environ 20’000 personnes ont convergé vers cette ville dans d’énormes convois de bus, selon la police, pour protester contre Alternative für Deutschland (AfD), qui a pris la tête des sondages nationaux.
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L’alliance des contre-manifestants baptisée « Résistance » a bloqué les accès à l’agglomération, certains manifestants ayant procédé à une descente en rappel depuis un pont d’autoroute, tandis que plusieurs groupes se rassemblaient dans les principales rues et places du centre-ville, selon des journalistes de l’AFP.
Mais la plupart des délégués de l’AfD ont réussi à rejoindre le centre des congrès où doit se tenir l’assemblée du parti, a indiqué la police.
« Guerre civile »
A l’ordre du jour, la réélection des coprésidents de l’AfD, Alice Weidel et Tino Chrupalla, qui ont fait de ce parti anti-immigration et prorusse la première force d’opposition du pays lors des législatives de 2025.
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A l’ouverture du congrès, Tino Chrupalla, s’en est pris aux manifestants, estimant qu’ils avaient été « amenés ici depuis tout le pays par les partis de l’establishment dans des camions ». « Ils protestent contre la prise de décision démocratique. Ils pensent être les seuls à détenir la démocratie », a-t-il déclaré dans son discours.
Les coprésidents de l’AfD, Tino Chrupalla et Alice Weidel, ont été réélus samedi à Erfurt. [KEYSTONE – DPA/KATHARINA KAUSCHE]
Certains membres de l’AfD semblaient presque se réjouir de la perspective d’une confrontation. « Le compte à rebours vers la guerre civile à Erfurt est lancé », a écrit cette semaine sur X la députée AfD Beatrix von Storch, lançant à ses adversaires: « Vous n’avez que la violence. Nous avons les arguments ».
Les premières heures des manifestations se sont déroulées pacifiquement. Seules de légères échauffourées ont été signalées, des milliers de policiers étant déployés pour protéger le congrès.
Devoir de mémoire
Pour les détracteurs de l’AfD, combattre ce parti est un devoir, du fait du poids du passé nazi et des efforts, selon eux, de mettre fin à la politique de mémoire et de contrition de l’Allemagne. « Il est important d’envoyer un signal contre la dérive vers la droite », a déclaré à l’AFP la manifestante Lene Krug, 19 ans. « L’AfD est un parti antidémocratique qui diffuse la haine », a ajouté la jeune femme.
Une autre protestataire, Ella, faisait partie d’un groupe qui s’était collé aux rails du tramway sur une place de la ville. « 1933 à 1945 ne doit plus jamais se reproduire », a déclaré cette femme de 44 ans, en référence à la période où les nazis étaient au pouvoir dans le pays.
Certains voient dans la tenue du congrès de l’AfD à Erfurt le jour du 100e anniversaire d’un congrès nazi tristement célèbre à Weimar, tout près de là, une provocation délibérée, ce que la formation dément, évoquant un hasard du calendrier.
edel avec afp