Sur la liste tchétchène des candidats du parti du président russe Vladimir Poutine, Russie unie, le nom de Ramzan Kadyrov n’apparaît pas. En dix-neuf ans de règne, c’est une première : celui qui dirige la république constitutive de la Fédération de Russie d’une main de fer depuis 2007 avait toujours figuré en tête de liste du parti. Le prochain scrutin législatif aura lieu du 18 eu 20 septembre 2026.
La Tchétchénie, république russe du Caucase, compte 1,5 million d’habitants. Après deux guerres sanglantes dans les années 90 et 2000, elle a obtenu un certain degré d’autonomie au sein de la Fédération de Russie. Ramzan Kadyrov, installé par Moscou en 2007, y exerce un pouvoir sans partage : milice ultra-violente des kadyrovtsy, répression des opposants, contrôle strict des mœurs… En échange d’une loyauté indéfectible envers Vladimir Poutine, le dirigeant tchétchène bénéficie d’un soutien financier massif de la part du Kremlin.
Las du pouvoir, mais peut-être candidat à sa réélection
Or, la santé de Ramzan Kadyrov interroge depuis plusieurs années : l’homme fort de Tchétchénie souffrirait d’une pancréatite aiguë et d’une insuffisance rénale. En 2024, le dirigeant avait publié une vidéo de sa séance de musculation pour faire taire les rumeurs. Malgré ces efforts, difficile de ne pas constater la dégradation de son état général : un souffle court rythme ses prises de parole et ses apparitions publiques se raréfient.
Ramzan Kadyrov était d’ailleurs absent au congrès préélectoral de son parti le 28 juin. En décembre, il déclarait lors d’une émission en direct être las du pouvoir… Mais qu’il se représenterait « si Vladimir Poutine en fait la proposition et que le peuple l’approuve ». L’instance tchétchène du « Conseil des Anciens » a déclaré le 2 juillet : « Nous avons conclu à l’unanimité que Ramzan Kadyrov est le candidat le plus digne pour ce poste. Nous voterons pour lui et encourageons tous les citoyens à faire de même. »
La liste des candidats du parti aux prochaines élections est pour l’heure constituée de plusieurs proches de Ramzan Kadyrov : le député Shamsail Saraliyev, suivi, entre autres, du Premier ministre tchétchène Magomed Daudov.