Qui aurait pu prédire à ce nourrisson abandonné, sans mère ni père reconnus, l’exceptionnel avenir qui l’attendait ? Andrée Imbert n’avait que quelques heures quand on l’a découverte sur le parvis de l’église de Sainte-Marthe, à Marseille, dans le froid de décembre 1907.

La première partie de sa vie fut d’abord celle d’une enfant de l’Assistance publique confiée, à partir de ses 7 ans, à des familles aimantes dans la Drôme, comme les Mourier à Cornillon puis les Samuel à Cornillac où, entre deux tâches à la ferme, la jeune adolescente qu’elle était commença à apprendre seule à cuisiner avec un talent qu’elle ne cessa par la suite de bonifier.

Mariée à Léopold Imbert, cafetier au village de Venterol, près de Nyons, elle l’exerça pleinement au sein de l’établissement de son époux. La table du Café de la Poste avait bonne réputation mais l’existence d’Andrée devait s’écrire ailleurs. À une époque où les séparations n’étaient pas chose courante, cette femme au tempérament affirmé, eu égard à son parcours personnel, quitta son mari et, avec sa fille de 6 ans dans les bras, c’est à Lyon, ville renommée pour sa gastronomie, qu’elle a bâti les bases de sa destinée.

André Geneston, l’un des trois petits-enfants d’Andrée Imbert, aime évoquer l’histoire de sa grand-mère. "La Provence" est allée à sa rencontre chez lui à Novézan, près de Nyons (Drôme).André Geneston, l’un des trois petits-enfants d’Andrée Imbert, aime évoquer l’histoire de sa grand-mère. « La Provence » est allée à sa rencontre chez lui à Novézan, près de Nyons (Drôme). / Photo Jérôme REY