Par

Liam Gé

Publié le

4 juil. 2026 à 18h12

Avec le passage du département de la Gironde en vigilance rouge canicule, le réseau de transports métropolitains a fonctionné au ralenti près d’une semaine à la fin juin 2026.

Les importantes perturbations qui ont touché le réseau TBM lors de l’épisode caniculaire de juin 2026 pourraient n’être qu’un avant-goût des défis à venir. Face à des températures qui atteignent des records pour la Gironde, l’opérateur bordelais reconnaît que son « réseau en France n’a pas été conçue pour des températures de 44 degrés ».

Une nouvelle réalité

Pour Keolis, les épisodes de canicule ne peuvent plus être considérés comme des événements exceptionnels, mais comme une nouvelle réalité à laquelle il faut désormais s’adapter. 

Si un plan canicule avait  été élaboré au printemps, celui-ci avait été pensé pour des températures allant « jusqu’à 35 degrés ». « Ce plan de transport a été appliqué, sauf qu’il ne répond plus à l’impossibilité technique qui est celle-ci aujourd’hui », admet la direction de l’entreprise.

Pour la société de transport, le constat est sans appel : « On pense que ces épisodes reviendront régulièrement. »

Les limites du modèle actuel 

Au-delà du constat climatique, TBM identifie plusieurs causes aux nombreuses pannes enregistrées la semaine du 22 juin. Les températures exceptionnelles ont mis à l’épreuve aussi bien les équipements embarqués que les employés du réseau. 

« Hier à 14h, on avait déjà la moitié du réseau qui était tombée », déclarait la direction de TBM à propos des pannes du mardi 23 juin. Mis en grandes difficultés donc, le réseau TBM a vu tomber près de deux-tiers de ses trams pour de multiples raisons.

Les systèmes de climatisation, particulièrement exposés aux fortes chaleurs, ont atteint leurs limites de fonctionnement, tandis que les conditions de travail ont conduit certains employés à interrompre leur service. Une combinaison de facteurs qui a progressivement paralysé une grande partie du réseau métropolitain.

Adapter le réseau : des investissements massifs

« On est au bout d’un système, au bout d’un raisonnement », déclarait la direction de TBM avant d’évoquer les solutions pour faire face à des épisodes qui deviendront peut être la norme.

La transformation passe d’abord par un important renouvellement du matériel car « ce service public, on se doit de l’assurer en tout temps ». TBM fait un pari fort : « Dans les cinq ans qui viennent, on aura certainement un parc qui sera entièrement climatisé. »

Avec le renouvellement de près de 25 % du parc de bus en 2025, TBM considère déjà que 250 bus en bon état face aux fortes chaleurs sur les 400 qui composent le réseau. Plus compliqué d’en faire autant pour les tramways pour le moment puisque « un bus c’est 400 000 euros. Un tram, c’est 4 millions ».

Une adaptation indispensable 

Pour l’opérateur, les solutions ne se limitent plus au renouvellement du matériel. Les épisodes caniculaires demandent à TBM de repenser l’exploitation du réseau pour assurer un service de transport malgré des conditions climatiques toujours plus extrêmes.

Le service de transport déclare vouloir avant tout « Sauver [son] matériel » plutôt que de le pousser à bout : « il ne faut pas non plus qu’on le mette à genoux ».

L’enjeu dépasse désormais la gestion d’une canicule inédite en France. « Le climat est plus fort que nous. Les éléments naturels sont plus forts que nous. C’est nous qui devons nous adapter », déclarait alors Pierrick Poirier, directeur général de Keolis Bordeaux Métropole. 

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